samedi 23 décembre 2017

LOGORALLYES IMPROMPTUS

CANEVAS – TOILETTE – CORRESPONDRE – MÉTÉO – CHOIR – CONCOURS – SECRET - SAULE

Ce fut un concours de circonstances : la météo se dégradait, ce n’était un secret pour personne. Eugénie faisait du canevas, Noémie remplissait un formulaire pour correspondre avec une Anglaise, tandis que le chat faisait sa toilette au coin du feu en passant sa patte derrière son oreille, signe de mauvais temps ; même les feuilles du saule se mirent à choir dans l’étang.
M.-C.

TORTURER – FARD – PÉDAGOGIQUE – AVENTURIER – BRILLER – MOUCHOIR – BOBINE – MICRO

L’aventurier piqua un fard et saisit le micro de l’animateur qui brillait au soleil. La bobine du câble le torturait, il essayait de l’éviter et décida néanmoins, mouchoir en main, de continuer son émission pédagogique.
P.

VAGUE – COLLECTIVITÉ – ENRAYER – ADOLESCENT – CRAMOISI – SOUPE – CINÉMA – RIVALISER

On aime plus ou moins vivre en collectivité. Ludo, adolescent plutôt timide, sortit du cinéma, le visage cramoisi : c’est que les situations abordées – et les images ! – l’avaient secoué. Comment parviendrait-il un jour à rivaliser avec de tels héros ? Cela l’effrayait sérieusement. En sortant toutefois, le gros de la vague d’inquiétude s’éloigna et il rentra : une bonne soupe de maman lui ferait du bien et lui changerait les idées.
Fr.

ORNER – SOMNAMBULE – MYOPE – PELOTE – ASPERGER – FARFELU – RENCONTRER – GEL

Myope comme une taupe, je déambulais comme un somnambule. Qui m’aurait vu m’aurait pris pour un farfelu. Je butai sur une pelote qui rencontra le bol du chat dont l’eau aspergea le sol. Tout ça pour admirer le gel qui ornait les arbres, sans allumer la lumière.
F.

samedi 16 décembre 2017

CLIN D'OEIL

Il existe dans la langue française beaucoup d'expressions comprenant le mot œil ou yeux. A vous de jouer pour écrire un texte en comportant le maximum !
...................................................
Il avait encore bon pied, bon œil et jouissait d’une santé robuste, il  n’était pas du genre à tourner de l’œil. Avec sa silhouette élancée, il pouvait même taper dans l’œil de la gente féminine qui se retournait sur son passage, même celles gênées par sa coquetterie dans l’œil. Il n’était pas non plus dépourvu de qualités, il avait par exemple les yeux au bout des doigts, ce qui n’était pas négligeable. On ne lui faisait pas fermer les yeux facilement car il était vigilant, il avait des yeux tout autour de la tête. Mais lui restait indifférent, il tenait à sa liberté comme à la prunelle de ses yeux, il ne tenait pas à la perdre pour les beaux yeux d’une demoiselle. I n’avait aucune envie de se retrouver pourvu d’une femme qui serait bientôt enceinte jusqu’aux yeux, pas plus qu’il ne tenait à lui obéir au doigt et à l’œil. Il gardait donc ses distances car dit-on, loin des yeux loin du cœur. Le mariage n’était pas pour lui, il s’en battait l’œil.
Passant devant un étal, un beau poulet lui tapa dans l’œil, on aurait dit qu’il n’attendait que lui. À vue d’œil, le poids devait pouvoir lui permettre d’inviter ses deux amis, inutile d’avoir un compas dans l’œil pour s’en rendre compte. Encore une occasion pour eux de manger à l’œil, se dit-il, mais cette fois ils allaient peut-être se mettre le doigt dans l’œil. Serait-ce le moment de leur parler entre quatre yeux ? Et de leur côté, seraient-ils tout yeux, tout oreilles ? Avec le temps, il avait enfin ouvert les yeux sur leur petit manège qui sautait aux yeux, il n’avait pas les yeux dans sa poche et leurs yeux de merlan frits le laissaient de marbre.
Il jeta un œil au prix du poulet et les yeux lui en sortirent de la tête. Clignant de l’œil de surprise, il risqua encore un coup d’œil vers le poulet qui semblait lui faire de l’œil dans la vitrine. Il n’en croyait pas ses yeux, ce poulet coûtait les yeux de la tête. Les deux pique-assiettes n’auraient pas intérêt à avoir les yeux plus gros que le ventre car sa vengeance serait terrible : œil pour œil, dent pour dent. Il entra pour finaliser son achat, il n’avait d’autre choix que d’acheter ce poulet hors de prix lui faisait venir la larme à l’œil. Il espérait juste que cette dépense ne le ferait pas dormir d’un œil cette nuit mais se doutant déjà de la suite, il se dit pour lui-même « mon œil ! ».

Paulette
..........................................................
Quand je rencontrai cette jeune femme pour la première fois, elle était attablée devant un bol de bouillon où dansaient quelques yeux laissés par sa tartine. Seule à sa petite table, je fus happée par ses yeux de braise et son solide appétit. Je m’installai en face d’elle : elle était très jolie, habillée simplement, son visage montrait une certaine lassitude mais  son regard ne manquait  pas de fermeté et elle n’hésitait pas à vous regarder les yeux dans les yeux ; malgré tout, elle donnait l’impression d’être bon pied bon œil.

samedi 9 décembre 2017

UN AIR DE FAMILLE

Elle était dans le grenier à genoux devant une grosse malle grise entrain de découvrir les unes après les autres des choses du passé. Au milieu d’un paquet de photos en noir et blanc aux bords découpées en dents de scie qu’elle regardait rapidement, tout à coup elle s’arrêta net. On dirait moi pensa-t-elle, en plus âgée mais qu’elle ressemblance ! Les cheveux bruns et longs encadraient un fin visage, le nez bien droit aux narines qu’on devinait palpitantes, les yeux noirs et profonds sous une frange de cils épais qui semblaient la fixer, la bouche rieuse aux lèvres charnues. Elle retourna la photo mais il n’y avait ni nom, ni date, ni lieu. Elle descendit quatre à quatre les escaliers pour retrouver sa grand-mère qui était dans la cuisine et l’interroger. Qui est-ce ? Demanda-t-elle. Sa grand-mère finit de s’essuyer les mains à son tablier et pris délicatement la photo, pendant qu’elle la regardait le rose lui monta aux joues. C’était ma sœur lui dit elle, elle est partie beaucoup trop tôt, comme tu lui ressembles. Pourquoi ne m’en avoir jamais parlé ? Dans l’espoir d’oublier la douleur mais maintenant toi qui lui ressemble plus qu’avec un air de famille. Mais je ni suis pour rien moi ! Non ma biche et justement ma douleur s’atténue parce tu lui ressembles c’est comme si elle revenait auprès de moi.

Fabienne
........................................................
Plongées dans les vieux albums de photos, nous regardons les images du temps passé où jeunes dames en capeline et en longues robes froufroutantes posaient à côté de messieurs au costume foncé, cravate, chemise blanche et chapeau haut de forme. Beaucoup de ces personnages nous étaient inconnus mais pour la plupart appartenaient à la branche paternelle de la famille.
 Soudain, notre regard s’arrêta sur la photo d’un jeune soldat : son air sérieux sous l’uniforme, le port  droit,  ses yeux clairs et ce  menton en galoche, marque indélébile de la famille.
«- Mais on dirait Guy, s’écrie Monique interloquée ! C’est son portrait craché mis à part l’uniforme. C’est sûrement un de nos ancêtres mais lequel ? La ressemblance est vraiment trop forte. 
-Tu as raison, acquiesce Brigitte. C’est tout à fait son visage un peu allongé et ce regard direct et franc. Retourne la photo. Il y a peut-être une inscription au dos.

lundi 4 décembre 2017

POUR OU CONTRE L'AUTOMNE !

- Oui, je suis là : je suis l'esprit de l'automne : maints poètes me célèbrent depuis longtemps, certains comme Charles Baudelaire expriment avec émotion une angoisse d'une voix brisée et assourdie :" nous plongerons bientôt dans les froides ténèbres" ; Paul Verlaine excelle également dans "les sanglots longs des violons de l'automne"...
Les poètes d'antan et de toujours exaltent la richesse de mes parures, de mes vêtures de saison, tels  : Maurice Carême, Samain, Rollinat, Gregh, Delarue Mardrus, Cadou, la liste est inépuisable.
Je ne suis pas un assassin comme l'insinue Apollinaire : "Oh! l'automne a fait mourir l'été".
Je m'inscris dans une continuité, celle de la ronde des quatre saisons : j'offre un moment de beauté absolue : je mets en scène la nature, avant de basculer dans la morte saison hivernale, de plonger dans les froides ténèbres .
Je vois les villageois préparer les provisions de bois de chauffage dans les forêts empourprées et ruisselantes d'or, tout en foulant le tapis de feuilles bruissantes recouvrant le sol qui fleure bon l'humus.