vendredi 16 décembre 2011

L'INDIGNATION

A partir de l'évocation de faits d'actualité récents et de la lecture du texte de Stéphane Hessel Indignez-vous, écrivez une lettre ouverte, dites ce qui vous indigne...





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J’ai lu et relu le texte de Stéphane Hessel et je remercie ce vieux monsieur de réactiver nos capacités d’indignation, de nous remotiver au moins mentalement.
Je vais essayer d’exprimer ce qui m’indigne et me révolte.

Lutter contre la haine 
Petite fille, à la libération, j’ai regardé le corps d’un jeune Allemand qu’on avait laissé mourir au bord de l’eau.
Une vie est sacrée.
Quand un homme est à terre, on doit lui porter secours même si c’est un ennemi.
La haine est destructrice. Pouvons-nous obtenir des résultats par la non-violence ? On voudrait le croire.
Je ne sais qui a dit : On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des financeurs.
Lutter contre les tueurs d’espérance de toutes sortes

Des hommes, des femmes et des enfants veulent fuir leur pay à tout prix, espérant un avenir meilleur ailleurs. Des passeurs –voleurs vont les tromper. Certains finiront étouffés dans des camions, d’autres sur un rafiot qui fera naufrage ou bien seront exploités. Bienheureux ceux qui réussissent.
Les malhonnêtes qui au nom de la science ou dans leur propre intérêt nous trompent. Par exemple, des protocoles proposés à des malades en leur faisant signer une décharge sans double. Si la mort les emporte, on vous répondra qu’ils ont servi la science et qu’ils avaient donné leur consentement éclairé. Encore faut-il les choses leur aient été bien expliqué.
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »
La violence faite aux personnes vulnérables et handicapées, l’isolement dans lequel elles se retrouvent.
Ne plus pouvoir sortir, aller au cinéma, au théâtre, faire ses courses…
Ne plus trouver d’interlocuteurs : internet et serveurs vocaux partout, faites le 1, le 2… et bout du fil, on reste seul.
L’indifférence
Une chute à la porte de l’ascenseur, ne pouvant me relever : j’appelle… j’entends des portes s’ouvrir et se refermer mais personne n’arrive. Quelqu’un viendra un heure plus tard seulement.

Rapprochons-nous de nos vieilles valeurs fondamentales : Liberté, Egalité, Fraternité

Josiane

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LETTRE D'UN VIEUX TRAVAILLEUR A SES FRERES PLUS JEUNES
Construire l’homme

Qui t’arrache le cœur pour t’empêcher d’aimer ?
Qui te tranche la tête pour que tu ne penses plus ?
Qui peut éteindre les étoiles et jeter les ténèbres sur le monde ?
Qui peut empêcher tes fils et tes filles d’accéder au chemin du savoir ?
Qui flatte le peuple pour gravir les échelons du pouvoir pour ensuite le bafouer et l’humilier ?
Qui engendre les guerres ?
Qui dresse les blancs contre les noirs ?
Qui fait mourir de faim les deux-tiers de l’humanité ?
Qui se moque des taudis et des bidonvilles ?
Qui tue les pauvres, les malades, les innocents ?
Qui préfère la bombe atomique à la construction des hôpitaux ?
Qui crée les concentrations d’usines ?
Qui cherche à diviser les ouvriers ?
Qui fabrique des manœuvres à la petite semaine ?

dimanche 11 décembre 2011

LA CUISINE, C'EST DE LA LITTERATURE (2 - desserts)

Une recette de cuisine n'est pas seulement une liste d'ingrédients. Elle peut devenir poésie, atmosphère, se changer en histoire : une métaphore, quelques adjectifs bien sentis, une poignée de pronoms, deux trois verbes pour donner du liant...



Gâteau creusois



3 jolies cerises oubliés au fond d’un panier
3 œufs désespérés de ne voir venir de poussins
3 morceaux de sucre de canne
3 lichettes de beurre salé
3 amandes
3 noisettes
3 cuillères de fine farine

Sur la paillasse carrelée de la cuisine, le soleil vient éclairer le triste tableau de ces oubliés.
Un joli poêlon de terre vernie, une tourtière à fleurs, trouvent le temps bien long.
Mais, qui fait ce bruit dans le poêlon ? La papinette s’agite, tourne et retourne, fouette le beurre avec le sucre, battus les œufs, mélangées les mandes et les noisettes pilées, jetée en pluie la fine farine, tout cela forme un ruban odorant qui vient recouvrir le fond de la tourtière, enfin heureuse de se rendre utile.
Après un petit tour au four, un autre sur le rebord de la fenêtre pour être à bonne température, mon gâteau creusois est fait, prêt à être dégusté. Et mes cerises ? Posées sur la croûte, elles feront sûrement un joli décor.

Monique

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Cake aux poires


Des quatre jolies poires que vous avez achetées au vu de la couleur de leur robe et de leur subtil parfum, faites un délicieux cake que vous partagerez avec des amis pour leur plus grand plaisir.
Commencez par déshabiller vos poires sans hésiter, puis à l’aide d’un couteau tranchant, coupez-les en petits dés, cela ne leur fera aucun mal.

lundi 5 décembre 2011

LA CUISINE, C'EST DE LA LITTERATURE (1 - plats)

Une recette de cuisine n'est pas seulement une liste d'ingrédients. Elle peut devenir poésie, atmosphère, se changer en histoire : une métaphore, quelques adjectifs bien sentis, une poignée de pronoms, deux trois verbes pour donner du liant...

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Nouilles à l'indienne
Entrelacs de nouilles dans une passoire,
Qui font la génuflexion ou en position du lotus.
Ambiance bouddhiste, «Hum ! Hum ! C’est le must !»
Toutes groupées ensemble pour se tenir chaud.
De la vapeur s’élève toujours plus haut.
De bonnes pâtes, en pleine méditation
Il ne manque plus que la lévitation.
Elles attendent tranquillement,
Sur la paillasse : rondelles de champignons de Paris, ail, oignons blancs et croquants, pardi
Rejoignent poivrons et haricots verts,
Mais quelle affaire !
Quand on coupe des tomates,
Il y a toujours des pépins !
Sur la planche, tout ça, ça m’épate.
Les bâtonnets de carottes se font désirer,
Pour un peu, on la perdrait... la zen attitude.
Il parait que la carotène rend aimable,
Et donne les cuisses roses. ça reste à vérifier !
Il faudrait évidemment en manger des tonnes,
Pour rester affable
Et voir sa vue s’améliorer...
Ah ! Quand toutes les rondelles blanches, rouges et vertes
Rejoignent les bâtonnets orangés dans la grande poêle sans couvercle,
Chacune donne le meilleur d’elle-même, gracieuse et lascive.
Elles s’évertuent à rester dignes et présentables, si possible.
Au son un peu discordant de la spatule en bois raclant le fond du poêlon
Comme une cithare égrenant quelques notes à l’abri d’un temple,
Il faut maîtriser l’énergie virulente de la cuisinière responsable de la cuisson,
Repas végétarien, s’il vous plaît, qui réunit toutes les pratiques religieuses
Dans une ambiance franchement chaleureuse.
Et c’est fumant et fondant que ce mélange coloré sur les nouilles vient se coucher.
Alors, mesdames, à vous !
Chaud devant ! Dégustez !
Hum... on en croise de plaisir les doigts.
Pour un peu, c’est le Nirvana !
La déesse Krishna aimerait ça.

Claudine

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Les oeufs mimosa

Elles sont deux petites filles, Marion huit ans et Lola dix ans. Marion veut faire une surprise à sa mère, bien sûr quelque chose de simple. Un hors-d’œuvre : des œufs mimosa.
Dans le placard, elles trouvent un livre de cuisine que plus personne ne regarde. Il a été bien écorné par la grand-mère, il y a même quelques taches car il ne tenait pas bien sur le support sur lequel il était posé.
Marion et Lola ont plutôt l’habitude de la cuisine de maintenant : des cartons et des boîtes desquels on extrait des surgelés, quelques minutes aux micro-ondes et c’est prêt !

lundi 7 novembre 2011

TOULOUSE LAUTREC





LOGORALLYE
Après une évocation de l'oeuvre de Henri de Toulouse Lautrec et du Montmartre de la Belle Epoque, écrire un texte comprenant les mots suivants :
absinthe, omnibus à chevaux, puces, fièvre, nuages, accordéon, verrou, cierge, poele à charbon, épingle à cheveux.

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Un beau ciel bleu, un 28 octobre, c’est l’été indien à Paris. Juste ce qu’il faut pour donner envie de faire une balade sur la Butte.
Place du Tertre, les peintres sont toujours là, les caricaturistes guettent les derniers touristes venus respirer l’air de Paris.
D’un bistrot fuse un air d’accordéon, à l’intérieur, quelques buveurs dans la fièvre d’une discussion s’essaient à la consommation d’absinthe redevenue à la mode. Quelques glaces ternies et un vieux poêle à bois complètent cette image d’un autre temps.
Devant la vitrine d’une librairie, sur un tourniquet, des cartes postales évoquent la Belle époque. Sur l’une d’elle un omnibus à chevaux dont il me semble entendre les fers résonnant sur les pavés. Plus loin, c’est une divette rattachant d’un geste gracieux les mèches de son chignon à l’aide d’épingles à cheveux. Ma grand-mère était peignée de cette façon. Photos de vieilles rues, du Sacré-Cœur, du Moulin Rouge, tout Paris en fait. De quoi faire rêver !
Plus loin un marché aux puces étale son bric-à-brac sur un mauvais tapis : outils de toutes sortes, verrou sans clef, vieille machine à écrire, une paire de bottes et même une Vierge Marie tenant un cierge…
Il y a foule dans ce pittoresque quartier. Je m’y attarderais volontiers mais le ciel se couvre de nuages. Je quitte à regret ce monde agité pour le calme, un peu trop calme de ma banlieue.

Monique

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L’omnibus à chevaux avance sur les pavés mouillés ; les charbonniers, leurs sacs sur le dos, viennent ravitailler les poêles à charbon. Un peintre propose de petits tableaux représentant la mer aux rivages enchanteurs, aux cieux de nuages.
Dans un café un artiste croque le portrait de la femme qu’il a invitée à boire une absinthe en sa compagnie. La belle replace une épingle à cheveux dans son chignon. Elle sourit à son compagnon, malgré la fièvre qui l’envahit, résultat d’un rhume mal soigné. Elle pense qu’elle ira brûler un cierge, si elle arrive ce soir à assurer son numéro de danseuse au cabaret.
Le cafetier referme le verrou de la porte de la cave, il dépose son caisson de bouteilles à terre afin de se gratter nerveusement : pas de doute, les puces sont légion dans cet établissement !
Sur le trottoir d’en face, le Moulin Rouge tourne ses ailes au son d’un accordéon.
C’est Paris fin des années 1800, c’est Pigalle et son jet d’eau, ses peintres et ses danseuses.

Mireille

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Tracter un omnibus à étages d’une tonne sept à vide, pour deux chevaux percherons qui se connaissaient bien, quatre heures tous les jours de l’année, pouvait les fatiguer au point de les rendre méchants, et ce malgré les soins vétérinaires journaliers.
Quel que soit le temps, sous un ciel aux nuages annonciateurs de pluie, leurs sabots glissaient dans la boue. Si l’un d’entre eux présentait de la fièvre, il était isolé de ses congénères. Autrement, ils partageaient tous la même écurie, située en sous-sol, sans éclairage, sans le moindre cierge. Dans une atmosphère moite où régnait la surpopulation de puces, entre autres, on était pris à la gorge par des odeurs âcres de transpiration et d’halètements de langues déshydratées. Des bêtes de somme !

samedi 29 octobre 2011

CABOURG, L'ESPACE D'UN INSTANT







La mer, Cabourg, sur la promenade du temps perdu.

Assise là, les embruns m’inondent de la saveur d’un autre monde. Je frissonne. La fraîcheur marine me pénètre.
Mon regard se perd vers le soleil, face à la mer, et le ressenti de sa chaleur m’envahit.
Si l’eau était chaude... Partir en nageant vers l’infini, vers le soleil, afin qu’il n’y ait plus de temps perdu.

Josiane