lundi 20 février 2012

LE DEMENAGEMENT

La joie du départ, l'angoisse des cartons, une vie qui prend fin, une autre qui commence, les souvenirs qui reviennent, un appartement étranger... Le déménagement est toujours un moment important, heureux ou douloureux.

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Tout de suite après mon mariage, j’ai quitté l’appartement de mes parents. J’ai regretté ce quartier de la rue de la Roquette, près de la place Voltaire, où il y avait de belles maisons mais aussi des petites rues populaires et des commerces. Tout cela, à proximité du père Lachaise où je me promenais souvent.
Je suis donc allée habiter dans le XXe arrondissement une petite rue dans un lieu peu connu encore la Campagne à Paris, près du boulevard Davout… C’était rare d’être locataire à cet endroit. Je vivais au premier étage d’un petit pavillon dont le rez-de-chaussée était habité ar le propriétaire. Il régnait dans ce lieu une hiérarchie désagréable : en tant que locataire, on était méprisé par des voisins qui ne manquaient pas d’afficher leur charité chrétienne en allant à la messe le dimanche.
J’emménageais donc dans cet appartement avec mon mari. Le jour où il avait quitté son petit studio j’étais allée l’aider avec des amis à lui. Célibataire, il m’avait dit vivre seul. Avec la naïveté de mes vingt ans, j’ai été choqué dans ce studio de voir aux murs, dans des cadres, plusieurs photos de femmes. Je me disais : il ne va quand même pas les emporter, il aurait déjà dû s’en débarrasser. Je n’aurais même pas dû les voir et subitement, je me suis sentie triste.


lundi 13 février 2012

DEFINITIONS IMAGINAIRES (1)

Fébricule, délitescence, ergastule, malard, ozalid, pagnoter (se), palangrotte, ramender, rogomme, scramasaxe.
Voici quelques mots très peu usités de la langue française. Inventez-leur une définition. Jouez avec les mots, les sonorités, laissez aller votre imagination.
Dictionnaire interdit !

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Fébricule :
Petit sac ou pochette perlée, généralement en velours ou satin, pour aller au bal / Particule de fer après alésage d’une pièce / Fébrile de l’arrière-train / L’état amoureux le rendait ridiculement fébrile, il était atteint de cette fièvre appelée « fébricule ». / Petite fleur au coeur fébrile qui agite ses étamines.

Véritable définition : Etat subfébrile, se rapporte à une petite fièvre inférieure à 38°.


Délitescence :
Impression désagréable produite par un parfum dont on ne peut définir l’origine / maladie consistant à commettre des délits de manière compulsive / Action d’un corps solide disparaissant rapidement, voir soudainement suite à une réaction chimique, voir de la magie ou une expression mystique d’une force surnaturelle / Le plein d’essence demandé par un Antillais / Qui a le sens de la délicatesse

Véritable définition : Disparition rapide d’une tumeur ou d’une éruption. Action par laquelle le corps se délite, se désagrège

Ergastule :
Saint Pierre en ergastule - Jusepe de Ribera
Araignée souriante représentée par le peintre Odilon Redon / Partie des ailes d’un coléoptère / Terme insultant proféré à l’encontre de quelqu’un pour exprimer son mépris / Hernie de l’estomac empêchant les sucs gastriques d’agir sur la digestion /  Petit travail corrézien / Consul à l’époque Romaine, cherchant la position la plus ergonomique pour s’élever dans la bonne société. / Erection d'escargot
Véritable définition : Prison souterraine dans l’antiquité romaine



dimanche 5 février 2012

FABLES, SOTTISES, BALIVERNES ET BILLEVESEES

A la suite de nos réflexions sur la vérité et le mensonge, voici un petit inventaire  - non exhaustif - écrit en commun des bêtises auxquelles on nous a fait croire enfant.


Aujourd’hui Caroline n’est pas partie travailler. Sa petite Manon doit rester au chaud, elle a la rougeole. Alors, l’ayant confié à sa mère, ravie d’être là, la voilà qui court les magasins à la recherche de vêtements rouges pour la petite car sa mère le lui a dit : quand un enfant a la rougeole, il faut tout de suite l’habiller en rouge, cela fait sortir la maladie et l’enfant guérit deux fois plus vite qu’avec les médicaments.

Marie est sur le pied de guerre. Son mari est alité avec une forte fièvre. Donc, elle a éloigné les enfants, fermé la porte de la chambre. Elle a couvert les cheveux de son mari d’un foulard bien serré et acheté chez le pharmacien des produits anti-poux. C’est qu’on lui a dit que tout le monde a derrière la tête une poche à poux qui s’ouvre lorsque la chaleur de la tête est intense, libérant ses hôtes. Une horreur absolue !

Au temps béni où les garçons entraient en apprentissage très jeunes, et où les petits commerces fleurissaient à tous les coins de rue, les anciens aimaient s’amuser un peu, mais pas méchament, aux dépens des jeunes. Ils les envoyaient quérir chez le droguiste une bouteille d’huile de coude pour graisser les machines.



samedi 28 janvier 2012

A QUOI PENSE LA DANSEUSE ?






Passionnément, Degas peint les danseuses. 
Seules, en groupes, sur scène, en coulisses. Il ne se lasse pas de la grâce de leurs mouvements, de leurs tutus vaporeux, de leur corps exigeant, malmené, émouvant.
Sous le charme de ses tableaux, on prend la plume...

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Deux danseuses, en longs tutus vaporeux, se détendent avant ou après l'effort.
Julie dont on ne distingue que les cheveux, la mèche brune et le chignon serré, se baisse sur ses cuisses. Elle tient dans ses mains ses mollets endoloris, durs et contractés par les efforts fournis les jours précédents. Elle paraît fatiguée, voire soucieuse. Douterait-elle de ses forces à venir ? Elle semble loin, très loin, son regard se perd dans les méandres dessinés dans les plaintes du plancher de bois. La position n'est pas très esthétique. La scène ne respire ni l'allégresse, ni la détente.
A ses cotés, Constance, toute occupée à étirer sa jambe gauche, replace sa cheville fine et son pied pointe en avant dans un bel alignement au risque de perdre l'équilibre. On aperçoit son doux profil, ainsi que de belles rondeurs. De ses joues colorées à ses épaules féminines, ce n'est que sensualité, douceur et beauté.
Les jolies bretelles dentelées du corsage mettent en valeur un large décolleté plongeant jusqu'à la naissance des seins. Constance jette un regard vers sa cheville. Elle caresse son coup de pied de sa main gauche et masse son mollet droit avec l'autre.
On ne voit pas les visages des danseuses. Elles se consacrent entièrement à détendre leur corps. Elles semblent entièrement tournées vers elles-mêmes. Elles sont côte à côte mais ne font que de se côtoyer, seuls leurs légers tutus de tulle se touchent légèrement.
Douce et triste solitude de la danseuse au service son art, face à ses incertitudes et à sa servitude.

 
Claudine

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Depuis sa plus tendre enfance, Maude consacrait beaucoup de temps à la danse. Que de sacrifices, d’heures d’entraînement et de régimes contraignants ! Elle rêvait de devenir danseuse étoile.

En se penchant au cours de ses assouplissements aux côtés de son amie la brune Léa, elle s’aperçut, oh stupeur ! qu’elle n’avait pas sa petite culotte sous ses collants et que son justaucorps était décousu.

Elle recula doucement jusqu’à  la porte et courut jusqu’aux vestiaires. Elle chercha vainement. Mais où était sa petite culotte ? Distraite ce matin, elle avait enfilé son pantalon sur sa peau nue. Ses collants étant opaques, aussi elle se dit que l’on ne remarquerait pas sa situation gênante.

Elle rejoignit le groupe, rougissante et mal à l’aise. Ce cours fut le pire de sa vie de danseuse. Elle se montra gauche et maladroite, s’attirant les réflexions désobligeantes de son professeur qui ne comprenait pas l’attitude de celle qu’elle considérait comme sa meilleure élève. A la fin de la séance, Maude s’excusa en prétextant un violent mal de tête.

L’incident fut clos heureusement et elle reprit sa place pleine d’avenir.

Mireille

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Superbe livre « Les danseuses » de Degas. Beauté des mouvements, finesse des traits et des coloris. C’est un réel plaisir  que de le feuilleter. Cela me rappelle d’autres jolies images.
A  quoi rêvaient-elles les danseuses de Degas, et Emilie et Julie, mes petites-filles, en s’habillant en ce jour de juin 1996, à quoi pouvaient-elles rêver ?


jeudi 19 janvier 2012

VERITE ET MENSONGE

Après la lecture du texte d'une conférence d'un pédopsychiatre sur le thème "Faut-il dire la vérité aux enfants ?",  un débat passionné sur les notions de vérité et de mensonge a animé l'atelier d'écriture : qu'est-ce que la vérité ? est-elle utile, nécessaire, indispensable ? doit-on la dire en toutes circonstances ? pourquoi ment-on ? ...
L'exploration du thème se poursuit avec une plume et une feuille de papier, avec légèreté ou gravité.



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Un garçonnet de 8 ou 9 ans, recueilli par la Ddass, a été confié à la garde d’une famille d’accueil. Il s’agit d’une femme seule, un peu âgée, qui a accepté ce travail pour le salaire mais aussi pour donner un sens à sa solitude.

Tout s’est passé bien entre le petit garçon africain et sa mère d’accueil. Un lien puissant les attache l’un à l’autre.

Maintenant, je dois informer l’enfant qu’il a une famille d’origine qui n'a pu assumer son éducation mais qui existe.

Le jeune garçon écoute et comprend quand je lui explique qui sont ses parents et d’où ils viennent.

Un grand silence suit cette explication. Puis, d’un seul coup, il me dit : "Mais, je ne suis pas noir, regarde, l’intérieur de ma main est blanc ! "

Il était blanc de cœur et noir de peau.

Où est la vérité ?

Josiane

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-          C’est quoi cet argent ?

Jean-Luc a 8 ans, son argent de poche ne dure jamais plus de trois ou quatre jours et dans sa poche aujourd’hui il y a au moins 110 francs.

-          Je les ai trouvés sur le trottoir, dans la rue, en revenant de l’école avec Jean-Yves.

-          Qu’est-ce que c’est que cette histoire. Non, on peut trouver un billet, une pièce e cinq ou dix francs, mais pas toutes ces piécettes. J’attends ton explication.

-          Voilà, avec Jean-Yves, on a été chez les commerçants du quartier quêter pour les vieux qui n’ont rien, avec un sac et une petite boîte. On a été très polis, on a dit merci, les gens étaient contents et nous aussi. Certains ont donné des chocolats, d’autres de l’eau de Cologne mais surtout, ils sont mis des petites pièces dans la boîte. On a rien volé, c’est eux qui nous on tout donné ! Maman, c’est pas grave !

-          Mais enfin, tu te rends compte que tu as berné ces braves gens.

-          Maman, si tu veux je te donne le parfum. Avec Jean-Yves, on a mangé les chocolats et puis on a partagé les sous, si tu veux je te donne ma part.

Faut-il le punir ou sourire. Au départ c’était une bien gentille idée !

La punition : pas de sorties le jeudi avec le fameux Jean-Yves pendant un mois et surtout plus de quête chez les commerçants.


Monique

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MENTIR par OBLIGATION ET OMISSION
MENTIR PAR DISSIMULATION
MENTIR PAR PROTECTION