Vitesse des trains
Récit d’un voyage de Lyon à Saint-Etienne par deux jeunes gens : Lazare et Frédéric accompagnés de leur oncle Hyppolite, vers 1850 – 1855.
Devant le spectacle grouillant des
employés préparant le convoi et des voyageurs montant dans les compartiments,
l’oncle Hyppolite ne put s’empêcher de laisser paraître son admiration. Mais il
se reprit bien vite et s’écria : « Quelle agitation de fous !
Les gestes désordonnés de tout ce monde montre qu’il y a de l’exaspération
collective qui amènera la plupart de ces gens tout droit à l’asile
d’aliénés ! »
Les employés chargeaient les bagages,
fermaient les portières. Beaucoup de passagers faisaient encore leur cour à sa majesté Locomotive lorsque la cloche
sonna. C’était celle du départ. Instant unique. Ce fut la ruée vers les
voitures, puis des commandements furent faits au sifflet de marine. Tout le
monde se taisait un peu inquiet.
Lazare et Frédéric étaient comme en
extase. Penchés à la portière, il s regardaient vers la tête du train afin de
voir du mieux possible la machine dont on entendait toujours le souffle
syncopé. Lorsqu’ils eurent vu les premiers jets de vapeur s’échapper des
soupapes, la vitesse devint telle qu’il leur fut impossible de rester penchés
au-dehors, ils s’assirent donc, sans quitter des yeux le paysage, qui dans le
cadre de la fenêtre défilait à une vitesse vertigineuse.
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Pensez
qu’étant partis de Lyon à 6 h 30, nous arriverons à Saint6etienne à 9 h !
dit Lazare.
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Oui,
reprit Frédéric, avant le chemin de fer, on payait plus cher et on mettait 5
heures de plus en été et 6 heures en hiver.
Les jeunes gens comptaient les signaux,
les ponts, les tunnels et admiraient tout cela comme des connaisseurs.
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L’année
prochaine, disait Frédéric, il y aura des voitures de 3ème classe et
nous voyagerons plus souvent puisqu’on ne paiera plus que trois francs de Lyon
à Saint-Etienne.
L’oncle soupira :
-
Maintenant
on ne pense plus qu’à voyager, les vertus domestiques vont s’effriter !
ah ! je ne donnerai pas cher des hommes de 1960 et j’ose à peine imaginer
quel sera leur sort… s’il en reste !
Mais
oui, il en reste, cher oncle Hyppolite et ils songent à aller plus vite,
toujours plus vite, jusqu’à ce qu’à la fin des années 60 la SNCF songe au TGV.
L’idée est de construire un engin du type turbotrain grâce à un moteur à
turbine à gaz fiable. Ces machines étaient capables d’atteindre les 170
km/heure et étaient présentées sur Paris-Caen-Cherbourg. La ligne qui sera
privilégiée sera Paris-Lyon, cet itinéraire étant le plus fréquenté par les
avions de lignes intérieures avec qui la concurrence était un argument majeur.
Depuis
les TGV sont conçus pour aller encore plus vite, toujours plus vite… Vitesse,
je te salue !
Christiane
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Christiane
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Un voyage mouvementé
Ce matin, Ilda se lève tôt. Elle part en
vacances dans une petite cité balnéaire du Sud-Ouest. Elle regarde sa montre et
vérifie ses bagages. Elle a bien son billet et sa réservation. Un dernier
tour de l’appartement : Elle éteint les lumières, coupe l’eau, empoigne
son sac et sa valise et ferme tranquillement la porte. Elle descend dans le
métro et arrive à la gare Montparnasse.
« Oh !aujourd’hui, j’ai une
bonne demi-heure d’avance. Ilda prend fréquemment cette ligne et se dirige d’un
pas ferme vers le quai numéro 1. Mais le
haut-parleur annonce : « Attention, Attention !
Messieurs les voyageurs sont informés que le train en partance pour Bordeaux se
formera sur le quai… ». Dans le brouhaha de la gare, Ilda n’a pas compris.
La gare est bondée ce jour-là. Elle regarde le panneau d’affichage. Bousculée
par un voyageur pressé, elle voit quai 9. Elle sort son billet, le consulte puis
le composte. Wagon 19, elle se dirige vers le quai et comme d’habitude, le
remonte. Tiens ! le train s’y trouve déjà ! Ilda est un peu surprise
mais n’y prend pas garde. Voilà le wagon ! 






