Fuir ! Fuir
un pays, une patrie,
Fuir pour ne
plus revenir !
Fuir pour
trouver un nouveau nid
Fuir pour ne
plus ressentir
Les malheurs,
les privations
Le manque de
liberté, la corruption,
Le manque de
deniers, les insomnies
Fuir pour se
créer des liens
Fuir pour
retrouver quelqu'un,
Fuir pour
découvrir un nouveau pays,
Fuir pour
garder la vie !
Fuir enfin
enfin vers une autre destinée...
Tout quitter
sans regretter
Tout
abandonner !
Tout vendre
ou tout laisser
Juste le
produit de ses biens,
Ou presque rien
Fuir, vers
l'inconnu, vers l'avenir,
Une promesse
d'embauche,
Ou une vie de
débauche ?
Vers le
miroir aux alouettes ?
Ou vers une
vie plus replète,
Ou rien !
Mais les yeux
vers le lointain
Oubliant, le
manque de soins,
L'estomac
criant famine, criant sa faim,
Sa faim de
vivre, sa faim de pain !
Les yeux dans
ceux du voisin
Des visages
amaigris et anxieux
De multiples
regards envieux
Des regards
désespérés et vitreux
Des iris qui
en disent long sur les états d'âmes
Des pupilles
qui révèlent les plaies de l'âme
Reflètent
l'inquiétude, l'attente, les désirs et le dépit,
Des regards
expirant par la maladie
Des regards
respirant la vie
Des regards
submergés d'amertume,
Des regards
plongés dans la brume
D'autres, qui
d'un regard,
Peuvent
détourner le bien d'autrui,
Toute une
fortune, ou quelques dollars,
Amassés jour
après jour, pauvres fuyards !
Celui qui a
tout vendu, celui qui s'enfuit,
Vers un
lointain peuplé de rapaces et d'embûches,
Celui qui ne
compte plus que sur lui,
Pour rester
en vie !
Des regards
menés par l'amour,
Sous les chapeaux,
plein de non-dit
Qui
sait ? Rencontre d'une vie
Rencontre de
l'espoir
Voir le jour
enfin... après tout ce noir
Fonder une
famille, trouver un emploi
Construire
une nouvelle vie et un nid douillet
Pouvoir faire
enfin ce qui nous plaît !
Pouvoir vivre
sa foi
Abrité par de
nouvelles lois
Dans un pays
où on y croît.
Claudine
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Ils
restent des heures à contempler la mer. Etourdis, fatigués par le long voyage
inconfortable. Ils ont tout laissé, n’ont emporté que de modestes bagages. Ils ont
fui un pays impossible à vivre. Ils ne savent plus où ils en sont, déroutés.
Ils pensent avec quelques pincements au cœur aux êtres chers qui n’ont pu les
suivre et qu’ils ne reverront probablement jamais. Ils saluent la statue de la
liberté. C’est la liberté retrouvée. Ils placent tant d’espoir en cette terre
inconnue. Un bon travail, une confortable maison. Certains d’entre eux auront
cette chance, d’autres celle d’une vie médiocre mais meilleure toutefois que
celle d’avant, d’autres encore sombreront dans la misère. Est-ce leur
destin ?
Mais ils
auront en tout cas essayé de trouver leur rêve. L’Amérique s’offre à eux.
Mireille
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A la
recherche de la liberté
Tu
saignes le monde
Plaie
profonde
Cousue de
barbelés
Griffant
ton nom : liberté
Tu
saignes l’Italie, la Bulgarie, l’Europe
Famélique,
squelettique,
Inexpiable
charnier
Fossoyeur
de liberté