samedi 21 novembre 2015

L’ARRIVÉE DE LA TELEVISION

Le petit écran comme on l’appelait autrefois régnait en bonne place dans l’angle du salon. Sitôt le repas terminé, nous nous installions, chacun à sa place, pour regarder nos émissions préférées. C’était l’époque de la chaîne unique et des dimanches en famille. Malgré mon jeune âge, tous les programmes m’intéressaient. Je revois Léon Zitrone et ses épaisses lunettes pour les informations, Catherine Langeais présentant les films fraîchement sortis au cinéma, Denise Glaser discutant avec ses invités dans Discorama et les interludes avec le petit train rébus dont la petite musique résonne encore à mes oreilles.
Il nous était permis de regarder certaines émissions le soir après le dîner. Le cirque féérique de La piste aux étoiles, les variétés où chantaient les nouvelles vedettes du moment, je me les rappelle et surtout la diffusion des 5 colonnes à la une, remarquable pour ses documentaires et ses sujets d’actualité.
Les jeudis étaient consacrés, si j’ai bonne mémoire, aux feuilletons destinés aux enfants de notre âge. Je me souviens d’Ivanhoé, le héros préféré de mon frère, de Zorro et son fidèle Bernardo, de Thierry la Fronde qui fit connaître l’admirable Jean-Claude Drouot.
Je me souviens aussi de ces films du soir dotés du carré blanc qui nous intriguaient et suscitaient notre curiosité. Ils nous étaient bien entendu strictement interdits.
Chez nous, nous ne parlions pas ; la télévision meublait-elle nos silences ? J’ai puisé dans ces programmes certaines connaissances et je regrette la télévision d’autrefois, distrayante et culturelle à la fois.

Nadine
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J'ai  découvert la télévision dans un premier temps en 1960, d'abord chez une tante, la seule de la famille qui en avait fait l'acquisition. Et donc, chaque dimanche soir avec mes parents, nous partions après diner chez ma tante pour regarder LE film du dimanche soir, c'était devenu un rituel. Il m'arrivait parfois d'y rencontrer un cousin, venu lui aussi saluer notre tante. Avec le recul, j'ai pensé ensuite que c'était peut-être avant tout pour lui tenir un peu compagnie que mes parents avaient instauré cette habitude. Mon oncle venait en effet de décéder et ma grand-mère, qui en vieillissant avait été accueillie chez cette tante qui disposait de la place nécessaire, avait suivi peu après... Ma tante se retrouvait alors bien seule d'un coup.
Chez nous, c'est en 1962 qu'elle a fait son apparition. Je m'en souviens très bien car mon frère  effectuait son service militaire et je me rappelle que ma mère avait voulu lui faire la surprise à l'occasion d'une permission. Si elle a toujours été très présente et attentionnée  pour moi et mes sœurs, quand nous étions malades ou hospitalisées, et même alors que nous étions mariées, il faut bien reconnaître qu'elle avait tout de même un petit faible pour mon frère. Qu'importe, l'important était d'avoir enfin la télévision et j'en étais bien contente.
Ainsi, le dimanche nous avions aussi LE film de l'après-midi que je regardais avec mon père, ma mère étant occupée en cuisine et à d'autres travaux ménagers ; elle semblait aussi moins captivée par ce nouvel appareil. Je garde en tête quelque titres : « Thierry la Fronde », le feuilleton quotidien de 19h40 : « Janique Aimée ». Et pour ce feuilleton que nous suivions avec beaucoup d'intérêt à l'époque, je me rappelle j'allais chercher chaque jour peu avant le début une voisine et amie de mon âge, elle n'avait pas encore la télévision chez elle et venait donc en profiter chez nous, ce feuilleton la passionnant tout autant que nous. Et ensuite, nous pouvions en discuter entre nous.
Le soir, mes parents ne se couchaient pas tard car ils devaient se lever  très tôt pour travailler. J'avais l'autorisation de regarder la télévision seule pour un moment donné, mais en sourdine, avec le son vraiment très bas  pour ne pas gêner leur sommeil léger, tellement bas que j'en avais le nez sur l'écran.

dimanche 15 novembre 2015

LOGORALLYES IMPROMPTUS

Inattendu – piment – craquer – à la dérobée - fée
Tu mets du piment dans ma vie. Tu me fais craquer quand je te regarde à la dérobée. Tu émerges dans la brume comme une fée totalement inattendue.

Claudine

À pleins poumons – obsessionnel – vitrine – lune – au diable vauvert
Petite, il m’arrivait, au moment de noël, de me poster de manière obsessionnelle devant les vitrines de jouets… J’ai encore à l’esprit une sombre scène de sabbat par une nuit de pleine lune ; je respirai alors à pleins poumons et envoyai au diable vauvert, panoplies de sorcières et leurs accessoires délirants. Non, c’était sûr, je n’allais pas commander cela au Père Noel !

Françoise

Adolescent – renifler – éventail – discrètement – salade
Jadis, alors que j'étais adolescente, à un dîner, un soir d’été, quelqu’un m'a donné un éventail. Je reniflais discrètement derrière, pendant qu’un copain me racontait une drôle d’histoire, une véritable salade !

Josiane

Brindille – ressort – confier – fourmilière – exotisme
Je suis en vacances, dans une île au soleil, assise à même le sol sur un tas de brindilles, à l’ombre d’un arbre qui sent l’exotisme. Du regard, je confie à la mer devant moi, les sensations que j’éprouve dans ce petit coin de paradis. Soudain, tel un ressort, je me dresse sur mes pieds, je n’avais pas remarqué la fourmilière à mes côtés.

Paulette

Aiguille – charbon – encore – nacre – rebondir
Bondir er rebondir encore sur un tas de charbon, à un perdre un coquillage en nacre ou une aiguille. Comment faire pour les retrouver ?

Marie-Thérèse

Grelotter – ironique – sanglier – spécialité – clé  
D’un air ironique, ma mère nous invitait à goûter sa spécialité à base de sanglier rôti tandis que la clé tournait dans la serrure pour faire place aux chasseurs qui grelottaient de froid après une journée bien remplie.

Nadine

Vitre – collant – crépuscule – à la bonne franquette – attacher
Comme nous étions invités, à la bonne franquette, un soir d'hiver, au crépuscule, nous montâmes dans notre vieille Gordini. En cours de route, notre véhicule poussa un étrange hoquet, aux abords d’une friche industrielle déserte et plongée dans l'obscurité. Le moteur cala puis stoppa définitivement. La vitre se couvrait de buée. Je défis ma ceinture, scrupuleusement attachée trois heures plus tôt. Je m’extirpai de l’habitacle, ouvris la portière et posai directement ma chaussure sur un chewing-gum bien collant.

Marie-Christine

Sucrer – éternellement – verrue – chaloupe – à la dérobée
Une verrue qui s’est sucrée à la dérobée, s’est vue reléguée éternellement sur une chaloupe à la dérive.

Emmanuel

samedi 7 novembre 2015

UNE BELLE PERSONNE AGEE






La société et la littérature ne sont pas tendres avec les personnes âgées et leur beauté est rarement reconnue, pourtant...
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Dans la société actuelle, les vieilles personnes sont mises de côté, oubliées ou ignorées, à cause de la peur de vieillir et de l’idée de la mort qui fait fuir.
Pourtant, regardez cette vieille dame qui fait son marché. Ses rides au coin des yeux racontent les moments merveilleux qu’elle a vécus, celles au coin des lèvres, les sourires et les rires qui fusaient. Quant aux rides profondes qui barrent son front, ce sont celles des soucis, des malheurs qui ont ponctué sa longue existence. Si vous observez ses mains usées, vous y verrez toute une vie de travail et tant de caresses données. Sa démarche est lente et hésitante. Désormais son corps prend ce temps qu’il n’avait pas avant. Ses cheveux sont devenus blancs et lui font une couronne d’argent. Dans son regard, on aperçoit de l’amour à revendre, de l’expérience et des histoires à transmettre. Sa mémoire devient défaillante, mais elle se souvient parfaitement de l’affection qu’elle a reçue, donnée et transmise. Ne jugez pas une vieille ou un vieux au premier coup d’œil, souvenez-vous que ce corps usé a ri, chanté, aimé, travaillé et qu’un jour… vous aurez peut-être la chance d’être comme eux.

Valérie
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Toujours le mot arrivant juste à propos comme une caresse pour apaiser les tempêtes, à la fois humoristique et tendre, comme une douce brise qui soulage les maux de cœur et met du baume aux âmes tourmentées. Mais elle peut renvoyer des éclairs quand elle aborde l'injustice, la pauvreté et la misère.
Pas si expansive et pourtant si généreuse, elle est souvent silencieuse, mais ce n'est que pour mieux se tourner vers les autres. Elle dispense avec modération à chacun son bonjour et son petit mot du jour, sans pour cela se refréner. Une lumière en ses yeux s'allume quand elle aborde les faits de société. De ceux qui défendent la veuve et l'orphelin, le sans-papier et sans domicile et surtout les élèves qu'elle a pris sous son aile protectrice depuis déjà tant d'années. Ceux qui ont réussi dans la vie à s'en sortir et à crier haut et fort qu'il dispose de ce qu’il y a de plus constructif dans la vie : l'entraide et la solidarité. Ils reviennent vers leur tutrice, leur éducatrice, leur mère Térésa

dimanche 18 octobre 2015

LES APPARENCES SONT VRAIMENT TROMPEUSES

Ecrire un texte dont la dernière phrase sera : Les apparences sont vraiment trompeuses.
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Lors de la dernière guerre mondiale, les services secrets britanniques se livrèrent – sous le nom de code « Fortitude » - à une monumentale mise en scène visant à faire accroire aux Allemands que le débarquement des Alliés se ferait ailleurs qu’en Normandie et plus précisément dans la région du Pas-de-Calais.
Sur des hectares aux confins de Douvres, on étend une myriade de simili-avons, blindés ; barges et autres engins de guerre, réalisés en carton-pâte.
Les avions de reconnaissance allemands, contraints de voler à très haute altitude pour échapper aux avions de chasse anglais – les redoutables Spitfire – rapporteront à leur retour, les photos d’une énorme concentration de moyens militaires alliés, présageant une intervention dans la région, c’est-à-dire ailleurs qu’en Normandie.
Les Allemands iront, par conséquent, cantonner leurs corps blindés dans le Pas-de-Calais où ils se trouveront coincés, les bombardiers alliés s’empressant de détruire ponts et voies ferrées.

Le trompe-l’œil « Fortitude » aura pleinement réussi modifiant le cours de l’Histoire. Les apparences sont vraiment trompeuses.

Emmanuel
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Avec son costume d’un gris clair, très particulier, sa chemise blanche et sa cravate de couleur fondue qu’il change chaque jour, ce chef de service  est, pour Blandine, le symbole même de l’élégance et du sérieux. Toujours courtois avec ses collègues comme avec ses subordonnés ou autres membres du personnel, il émane de lui une sorte d’attirance bien qu’il garde toujours ses distances. Jamais, elle ne l’a entendu rire aux éclats ou s’esclaffer comme le font d’autres chefs à des moments de pause. Seul se dessine sur son visage, un léger sourire montrant qu’il n’est pas indifférent à son entourage.
Il n’élève jamais la voix. Fort aimable, il parle toujours d’un même ton tranquille. Arrive-t-elle en retard ? Pas de reproche ni de ton acerbe ! Il l’accueille de ces mots « Un petit problème, ce matin ? » Son ton doux et calme la fait bafouiller : «oui, excusez-moi, Monsieur, problème de réveil ou de transport… ». Son travail ne lui donne-t-il pas entièrement satisfaction ? Il prend le temps de lui expliquer pourquoi cela ne lui convient pas. Il ne se départit jamais de son calme. Rien ne semble l’énerver ni le faire sortir de ses gonds. Ses questions se résument souvent à un ou deux mots sollicitant de son vis-à-vis

dimanche 11 octobre 2015

DRÔLE D'INVENTAIRE 1

Choses qui mettent en colère
Choses qui font rire
Choses qui dégoûtent

Inventaire commun réalisé par Claudine, Christiane, Emmanuel, Françoise, Josiane, Marie-Christine, Marie-Thérèse, Mireille, Paulette, Valérie...
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Choses qui mettent en colère

-         L’impossibilité d’ouvrir ma porte de chambre, quelqu’un l’ayant fermée de force ou avec un passe, mais lequel ?
-       Que l’on se serve de la religion comme d’un paravent et que l’on puisse tuer en son nom.
-    Des amis qui vous appellent  mais qui en réalité ont besoin qu'on leur rende service.
-    Une personne qui tarde à résoudre des problèmes qui empoisonnent la vie d'une autre
-  Les personnes qui jettent leurs cigarettes par la fenêtre de leur voiture et qui provoquent un incendie.
-   La personne qui ne commence à se préparer qu’à la toute dernière minute et qui finalement fait attendre tout le monde, mettant les autres en retard.
-         La survenue de la catastrophe majeure de Fukushima, avec l’image insoutenable des cartables rangés sur les étagères de l’école, alors que les jeunes propriétaires ont disparu.
-         Je m’indigne du temps et de l’effort que je gaspille sans cesse à la recherche de clefs, lunettes et autres objets d’usage courant.
-         La victoire de la bêtise et de la barbarie.
-         Toutes les injustices, particulièrement celles qui touchent les enfants.
-         Que l’on profère des jugements sans fondement et parle dans le dos des autres.
-         La désinvolture de passants souillant de leurs déchets la voie publique.
-         Casser mon assiette préférée par maladresse.
-         Ne pas pouvoir traverser une route nationale parce que je ne vois plus les feux.
-        La déforestation massive, cautionnée par les plus grandes instances, le gaspillage de papier à l’école, à la maison, dans les bureaux et ailleurs.
-         Ne pas retrouver les plats à leur place quand j’en ai besoin.
-         Les cancans méchants d’une personne qui se pose en modèle.
-         Les malheurs (maladie, accident, drame…) qui frappent ceux qui m’entourent.
-         Un individu qui à tort et s'obstine à vouloir avoir raison.
-         Le profit insensé des marchands d’armes, exterminant blessés et corps médical, dans un hôpital : mais une arme est-elle douée de discernement ?
-         Des pétards qui explosent, la nuit, en dehors des jours de fête.
-         L’introduction de publicités dans les boîtes à lettres s’apparente, à mes yeux, à une violation de domicile.
-         Jalouser et vouloir s’emparer de tout pour son usage personnel, râler et se plaindre en permanence sans jamais se préoccuper du sort d’autrui.
-   Le commerçant de mauvaise foi, qui refuse après m’avoir fait payer, de reconnaître qu’il a oublié de me donner mes fruits.
-         Les sdf, les laissés-pour-compte d’une société qui montre son mauvais profil.
-     Des touristes sur une plage, en bordure d’une forêt, qui font un barbecue au pied même du panneau d’interdiction.
-         Les enfants confinés dans la promiscuité, même en période estivale ; tous ceux qui sont maltraités et dont on ne découvre l’existence qu’à titre posthume dans les médias.
-         La mauvaise volonté, la mauvaise foi, faire semblant de ne pas comprendre.

-         Couardise, opportunisme, indélicatesse, goujaterie, hypocrisie.
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Choses qui font rire

-         Voir un chat s’amuser avec sa queue.
-     Une personne avec un rire communicatif qui arrive à entraîner les autres
-       Des fleurs artificielles si bien imitées que je les pense naturelles et suis prête à respirer leur parfum, en me disant « pauvre imbécile ! »
-   Les réactions innocentes d’enfant : « Mamie, pourquoi tu t’es déguisée en clown, aujourd’hui ? »
-         Un quiproquo ou un lapsus donnant lieu à une situation drôle.
-       Jouer avec les mots. Par exemple : poubelle est un nom propre destiné à mettre les saletés, les déchets.
-   Dans un bal masqué, quelqu’un qui s’était déguisé en vache folle, au moment de l’épidémie.
-         Les numéros de clown qui me rappellent