samedi 15 mars 2014

DÉFINITIONS IMAGINAIRES 5

Inventer des définitions à ces mots peu usités de la langue française :
algarade, balisier, berniquet, lambrusque, lycaon, ponceau, rengréger, sabouler, théorbe, tourdille, vivandier

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Algarade : n.f. Terme d’origine arabe désignant un canapé ou divan repliable, à l’usage des nomades. / Danse soudaine et endiablée / Petit instrument médiéval au son aigrelet / n.m. Discours courtois que le soupirant chuchote à sa belle pour la séduire. D’algarades en algarades, elle finit par céder. / n.f. Fleur aux riches couleurs mais au parfum désagréable. / Petite incartade dans un rad en Algarve / Alpaguer des personnes / Problème de maths non résolu.

 Véritable définition : altercation, attaque, assaut ou bien insulte 


Balisier : Arbre exotique importé de Bali / Employé des eaux et forêts chargé du balisage
des chemins de grande randonnée. / Celui qui balise un terrain /Navire de genre câblier conçu pour la pose de balises maritimes ou fluviales afin de délimiter des couloirs de navigation / Endroit couvert balisé dans lequel on se réfugie en cas de gros orage. / Homme chargé de poser les balises le long d’un circuit / Celui qui pose des balises autour des endroits dangereux. 

Véritable définition : fleur d'Inde et des Caraïbes, orange ou rouge, aux pétales épais et durs et aux feuilles semblables à celles du bananier.

Berniquet : Panier destiné à la récolte des berniques / Ensemble de deux ou trois lentilles, l’une concave et les autres convexes créant une image féerique, ancêtre du kaléidoscope  / Coquin de première qui entourloupe tout le monde / Système rudimentaire de verrouillage d’une porte constitué d’un anneau et d’un simple crochet. La porte de la cabane ne tenait guère que par un berniquet rouillé. / Petit coquillage / Personne qui  berne les autres /Action de se moquer de quelqu’un en lui faisant un pied de nez. / parasite marin s’incrustant sur la carapace des crustacés.

Véritable définition : ancien français - latrines, envoyer quelqu’un au berniquet, au diable, à la ruine, le déchoir. 

Lambrusque : Crustacé des mers froides qui se déplace lentement, par sauts brusques,
comme ceux des puces de mer. / Bagarre entre gamins, en cour de récréation ou à la sortie de l’école Être pris dans une lambrusque. / Pièce de bois richement sculptée qui décore l’intérieur des chapelles orthodoxes. / Petit animal sauvage qui se nourrit de l’écorce des arbres / Action brutale. 

Véritable définition : vigne sauvage 

samedi 8 mars 2014

UNE SEMAINE SANS...

Une semaine sans... sans belle-mère, sans dormir, sans toi, sans cigarette, sans pluie, sans nouvelles, sans enfant, sans téléphone... 
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C’était Lundi, un de ces lundis qui commence mal. Sans réveil, je n’avais pas senti l’heure s’écouler et blottie douillettement au fond de mon lit, j’y étais demeurée peu trop longtemps. J’étais en retard quand je posais le pied à terre sans précaution et, je ne sais pourquoi, juste à cet endroit, un faux pli du tapis me décocha une douleur intense au niveau de la cheville. En boitillant je me dirigeai vers la salle de bain sans voir la porte à demi-ouverte. Je me heurtai violemment le front contre l’arête. Sans pommade ni arnica, je voulus me passer un peu d’eau froide mais c’était sans compter avec l’adversité, car j’avais oublié que ce jour-là, nous nous trouvions sans eau : les ouvriers venaient réparer une fuite. Je dus me laver comme un petit chat, avec de l’eau minérale en bouteille sans laquelle je n’aurai pu faire ma toilette.
Tous ces incidents m’ayant fort retardée, je dus me rendre à mon travail sans bus et bien sûr, je n’arrivais point à l’heure. Ce fut sans les félicitations du patron que je fus accueillie. Il me menaça de sanctions. Rapidement, sans bruit, je me coulais derrière mon bureau oubliant au passage de saisir le dossier à étudier. Sans me décourager, je me relevai pour aller le chercher. Sans doute encore trop endormie, je ne le trouvais point. Je dus faire appel à une collègue qui me le remit sans complaisance.-  « Sans toi, je n’aurai rien pu faire » lui dis-je.- « As-tu passé une nuit sans sommeil pour ne pas le voir par toi-même », répliqua – t- elle d’un ton acerbe. Sans y prêter attention, je la remerciai à  nouveau et m’enfuis.
Ce lundi s’étira triste et long comme dit l’adage : «  tel un jour sans pain » et ce fut bien le cas. Dans ma précipitation matinale, je n’avais pas pris mon repas et c’est sans déjeuner que je poursuivis ma journée. Enfin l’heure de sortie arriva et c’est sans regret que je retournai à la maison. Ce lundi sans rêve inaugurait mal de la semaine.

samedi 15 février 2014

LOGORALLYE 6

Double contrainte pour ce logorallye : votre texte aura pour cadre le désert et devra comporter obligatoirement les mots 
muet, onduler, silhouette, mâchonner, cordelette, légende, frisson, rire et médaillon.

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Rouler muet dans le désert, lançant un regard furtif sur la légende d’une carte géographique est très éprouvant, surtout quand, avec frisson, on a perdu la piste. On ne peut alors que s’en remettre au médaillon-fétiche suspendu par une cordelette derrière le pare-brise et se rire du danger, quitte à mâchonner du kif en regardant onduler la silhouette des dunes.

Emmanuel

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Un autre désert ?

Muet ! Je n’avais jamais imaginé que mon corps puis l’être devant un tel silence au milieu
d’une forêt : est-ce un autre type de désert ?
Un frisson me parcourt en ce petit matin qui se lève sur la forêt de Bélouve encore toute ennuagée. La cordelette de mon sac à dos bat contre ma poitrine et me rappelle qu’un petit café chaud accompagnerait bien un médaillon aux céréales à mâchonner. Pause-miracle : soudain, furtif, un minuscule oiseau, le tec-tec, vient se poser à l’extrémité d’une graminée qui se met à onduler dans l’air frais… Il est si inattendu, tellement bienvenu, que j’éclate de rire et pousse un « ouf » de soulagement. Ma compagne réunionnaise sourit à son tour et ajoute : « Oui, il reste encore un peu de vie animale sur notre île. La légende actuelle veut que l’on appelle cet oiseau l’oiseau du randonneur ».
La pause est terminée et nos deux silhouettes glissent à nouveau sur le sentier.

Françoise

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Désert à deux pas…

Les gens de ma rue ne connaissent plus les arbres ni la fraîcheur des nuits d’été. Ils sont muets devant leur poste de télévision. Ils n’entendent plus les rires ni les cris d’une dizaine de jeunes qui jouent au foot sur le terrain vague situé à 300 mètres à peine. Il ne voit  plus la silhouette furtive de la voisine qui rentre chez elle après une journée de travail harassante. Ils n’ont que des murs, des murs, partout, à vous donner le frisson.

mardi 11 février 2014

UNE RENCONTRE

Heureuse, malheureuse, grave ou drôle, importante ou anecdotique mais toujours digne d'être racontée

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Vendredi 3 janvier 2014. Gare de Lyon. 12 h 43, je prends le train pour le Sud de la France afin de me rendre à un enterrement qui me chagrine mais qui ne me surprend pas. En effet, la défunte a bu beaucoup plus que de raison et fumé à s’encrasser les poumons ainsi que ceux de ses enfants. Pour une fois, j’avais tout prévu pour ne pas trouver ces cinq heures de train d’une longueur épouvantable : livre, mots fléchés et feuilles blanches pour continuer le journal d’Ashley pour lequel j’ai au moins trois ans de retard. Je m’installe tranquillement à la place que mon frère m’a gentiment réservée en 1ère lorsque j’entends un petit monsieur avec une casquette, la cinquantaine environ, demander à mes voisins si son bagage ne les gênait pas. Je me retourne pour regarder si son sac (qui ressemblait d’ailleurs au mien) ne gênait pas le mien. Le monsieur me regarde et me dit : il sera bien au chaud au milieu… Vous allez où ? A Nice lui répondis-je, et vous ? A Nice aussi, vous ne voulez pas vous assoir à côté de moi ? Je vais de ce pas voir la jeune fille à côté de laquelle je devais prendre place pour lui dire : « Je vous laisse, j’ai trouvé quelqu’un avec qui causer ».
Et me voilà installée à côté de Jacob pour un trajet Paris/Nice inoubliable. En effet, tout de suite une complicité verbale s’est installée entre nous, nous nous sommes tutoyés au bout de 15 minutes et au bout d’une demi-heure, il me disait déjà : Je sais d’avance qu’arrivés à Nice ce sera avec regret car nous n’aurons pas eu le temps de tout nous dire.
Et c’est ce qui s’est passé. Bizarrement, nous nous parlions comme si nous nous connaissions depuis des années et nos avions des milliers de souvenirs à partager et à raconter. Tout y est passé : notre vie sentimentale, amicale, familiale, professionnelle, sexuelle… sachant que je ne le reverrai sans doute jamais de ma vie (il m’avait dit tout de suite habiter en Israël), l’expérience acquise ses dernières années, l’assurance que nous donne l’âge (un des rares avantages du 3ème !), tous les tabous et complexes effacés pour la même raison, nous nous sommes racontés des choses que nous n’avions jamais dites à personne.

samedi 25 janvier 2014

PHOTO-PORTRAIT

 Inventez l'histoire, l'identité ou un moment de vie des personnages représentés sur quatre photos différentes.

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« Bonjour Jacqueline ! » Elle lève aussitôt la tête, plante son beau regard bleu sur moi et, ayant reconnu sa voisine, se détourne momentanément de son occupation favorite : soigner le petit jardin qui jouxte sa maison.
-          Ca pousse ?
-     
    - Oui, c’est reparti ! Elle profite de cette mini-pause pour respirer et admirer l’ensemble du jardin qui se réveille… Les tulipes ont déjà soif !
Elle a repris son arrosage méticuleux, bien au pied de la tulipe, surtout pas sur les corolles éclatantes. Chuintement de l’eau pénétrant dans la terre… C’est bien Jacqueline, elle n’a plus vingt ans, ni trente, ni quarante, mais elle a gardé son côté net, dynamique, pimpant sans ostentation, à la fois simple et solide, toujours ouvert aux autres, à la vie. Retraitée depuis peu, elle est encore une femme jeune qui porte bermuda noir et pull-over blanc avec des cheveux bouclés relevés en une queue de cheval par une poétique… marguerite.
Il y a du soleil dans ce petit jardin, des couleurs tendres, des verts que réveillent les jacinthes et les tulipes multicolores… C’est un peu le jardin de la rue Plumet, mais en plus rustique et maîtrisé. Jardin de curé ? ou d’école ? On ne sait. Jardin de banlieue comme la clôture de l’arrière-plan le laisse à penser.
Jacqueline est encore active, mais en plus détendue. Elle a l’air d’être bien, nichée dans ce trou de verdure, bichonnant ses plantes tout en offrant son dos aux premiers rayons du soleil. Elle peut ne penser à rien ou se remplir du jardin… rêver aussi, et même philosopher sur le passé et l’avenir, celui de ses proches… C’est selon. Un air de fête paisible flotte sur le jardin avec le retour du printemps.