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La perte d’un ski
L’action
se déroule sous l’égide du club universitaire alpin de Grenoble, dans
l’immédiate après-guerre, à une époque pré-touristique quand n’existent pas
encore les multiples stations de ski avec leurs installations sophistiquées et
vastes capacités hôtelières. Les skieurs d’alors sont livrés à eux-mêmes et
doivent grimper, skis sur l’épaule, jusqu’aux champs de neige propices à leurs
ébats.
Nous
sommes un dimanche, en fin de journée, quand il convient de prendre le chemin
du retour afin de ne pas rater les derniers transports dans la vallée à
destination de Grenoble.
Là-haut
sur la montagne, s’apprêtent à le faire deux skieurs – dont notre héroïne
prénommée Ginette. En train de chausser, elle fait un faux mouvement, laissant
lui échapper un ski qui dévale aussitôt la pente enneigée. L’autre skieur,
Gilbert, reste sur place avec elle.
Le temps
s’écoule. La nuit ne tardera pas à tomber. Il est hors de question que le
garçon s’en aille, abandonnant à son sort la jeune fille. Toutes les tentatives
de celle-ci pour progresser sur un seul ski ou de celui-ci pour la transporter
sur les siens s’avèrent vaines.
Ginette
croit lire dans les yeux du jeune homme « Quelle gourde, cette
fille ! Me voilà dans un beau pétrin ! » Mais elle éprouve
aussitôt un remords : après tout, il n’a jamais manifesté le moindre signe
d’agacement ou de contrariété. Mieux, il a l’air de prendre tout ça du bon côté
et se montre plutôt sympathique.






