Objets doués de parole. Ecrire sur un ou des objets, en employant le première personne du singulier
...........................................
Si je voulais raconter l'histoire de mon existence, il faudrait remonter à la nuit des temps pratiquement. Pourquoi et comment ai-je été créé, et si différent d'un endroit à un autre sur le globe.
...........................................
Si je voulais raconter l'histoire de mon existence, il faudrait remonter à la nuit des temps pratiquement. Pourquoi et comment ai-je été créé, et si différent d'un endroit à un autre sur le globe.
Je peux être
de milles matières différentes, avoir des formes et tailles à nulle autre
pareil. Plus ou moins travaillé et fignolé, je peux être unique, mais aussi
produit à grande échelle. Mais pour celui qui me possède, c'est toujours un
lien unique qui nous unit.
Choisi avec
soin ou transmis en héritage, les émotions m'accompagnent toujours. L'histoire
s'écrit et peut se transmettre à travers moi, une histoire familiale mais
également l'histoire avec un grand H. Tout dépend à qui j'ai appartenu ou
appartient.
Mais lorsque
l'on m'offre, la plupart du temps une larme se dessine.
La main est
mon écrin, le doigt est mon ami pour la bague ou l'anneau que je suis.
Valérie
..................................................
Je suis un petit objet en bois, peint en bleu,
longiligne, enserrant dans ma gangue une longue mine grise de graphite. J'ai
été offert à ma propriétaire pour son entrée en CP, par un voisin.
Elle me serre dans sa main, de peur de me perdre, elle
est très fière de moi ; elle ne se lasse pas de s'extasier de mes prouesses, de
mes lignes droites, de mes arabesques, boucles et jambages.
J'obéis au doigt et à l'œil, serviteur silencieux, je
rétrécis au fil des jours, taillé avec un canif, mon corps s'amenuise, mes
copeaux partent à regret à la corbeille et finiront dans le poêle ; je souffre
en silence. En attendant, je poursuis mon périple sur les pages blanches ou
quadrillées : mes frises et dessins font la fierté de ma maîtresse.
Je suis le crayon bleu à la mine grise.
Marie-Christine
.............................................
Une chose est sûre : j'aime la couleur. La vie
est triste sans technicolor. Je peux me décliner dans toutes les couleurs
franches, en pastels, tons acidulés, toniques et flashs. Mon corps fuselé et
aérodynamique se glisse dans des tenues diverses et panachées, ainsi que dans
les interstices capables de m'accueillir. J'illumine les esprits, j'aime
honorer l'essence même de mon héritage pluriculturel français. Et dans le
respect de son intégrité, de ses différences et de son évolution au fil des
siècles : j'applique avec sollicitude et bienveillance l'ordonnance bien
ordonnée en chapelets de bons mots portant l'empreinte des civilisations.
Mes rêves, mes espoirs peuvent s'offrir ou s'assombrir
en un seul trait. Je m'en veux si j'en souille les caractères et que j'entache
la mémoire de mes ancêtres normands, celtes, francs, goths, sarrasins,
anglo-saxons en agrémentant l'orthographe de tant de termes aux racines venues
de mondes lointains.



