samedi 8 février 2020

6 PHOTOS DE BRASSAI




Il regarde le photographe bien en face, les yeux dans l’objectif une cigarette à la main devant son verre de claquesin apéritif des années folles. Il sait que sous son masque de fards ses traits demeurent masculins, que cachés sous les bagues, bracelets, colliers, colifichets et sous son chapeau à voilette il ressemble plus à une vieille cocotte ou une mère maquerelle qu’à une bourgeoise raffinée. Il sait aussi qu’il n’a plus l’âge de se travestir, il sent bien que son regard est embrumé par l’alcool, le tabac et autres drogues mais il fait front, il fait face, il encaisse l’histoire de sa vie. Ce sont les années folles mais il ne peut pas sourire.  

Fabienne


Cette matrone énigmatique est assise dans un café ; on ne sait rien à son sujet : peut-être une demi-mondaine, ou une pensionnaire ou tenancière de maison close, à moins qu'il ne s'agisse d'un travesti. Cette personne est déformée, empâtée, bouffie, ses amples vêtements dissimulent tant soit peu sa corpulence .Elle est harnachée de bijoux fantaisie, d'une bimbeloterie qui la dépare.
Elle sirote de l'alcool qui lui fait oublier le passé, le présent, pour quel avenir ?

Marie-Christine


A première vue, cette femme ne me paraît pas particulièrement avenante, peut-être à cause de sa bouche un peu pincée. Les traits ne sont d'ailleurs  pas très fins, ils n'ont rien de féminin. Oserais-je dire qu'elle me fait penser à une mère maquerelle qui surveillerait ses filles, afin  que le travail se passe pour le mieux et qu'il lui  rapporte une somme confortable. Elle donne l'impression d'être plutôt à l'aise, ou du moins c'est l'image qu'elle veut donner d'elle, ses nombreux bijoux trop voyants en témoignent. Elle boit, et même assez bien, puisqu'elle tient un verre et qu'un autre posé sur la table a déjà été vidé. Elle fume également, une tenue sans doute peu correcte pour l'époque. Ce n'est en tout cas pas le genre de personne avec qui je chercherais à lier la conversation, elle me semble également vulgaire.

Paulette
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Ces deux enfants, âgés d'une dizaine d'années, nés pendant la guerre sont de vrais amis, souriants, détendus, complices. Ils sont simplement et proprement habillés. Ils ont beaucoup à partager. A l'arrière-plan, un passant se reflète derrière une vitre. Les enfants n'ont pas de jouets, pas de jeux, mais une vie tellement riche, à la lumière solaire, à la paix revenue : André et Paulette symbolisent l'avenir avec toute la fraîcheur de leur prime jeunesse.

Marie-Christine

Cette photo nous montre l’innocence et la joie de deux enfants qui ne pensent qu'au moment présent. Ils semblent d'un milieu modeste mais sont toutefois correctement vêtus. Leur discussion est certainement très  intéressante, on les voit sourire, très attentifs l'un envers l'autre, ils ont l'air heureux tous les deux. Peut-être devisent-ils sur la façon dont ils vont passer le temps ensemble pendant cette journée, en décidant à quel jeu ils vont bien pouvoir s'occuper. Ou peut-être se racontent-ils les anecdotes qui les ont marqués pendant la dernière semaine écoulée. 

Paulette 

Lucette et Riton se font face, ils se sourient en se regardant dans les yeux. Il est un peu plus âgé qu’elle, c’est le premier garçon qui la voit comme un peu bout de femme. Les passants les regardent mais ils n’en ont que faire, ils sont dans leur monde et sont heureux. Quels secrets partagent-ils ? Même si la vie n’est pas tous les jours faciles ils sont ensemble et c’est ce qui compte.

Fabienne 

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vendredi 31 janvier 2020

LOGORALLYE GEANT

Ecrire un texte contenant obligatoirement les 20 mots suivants :
Présenter – Minuit – Épreuve –Spaghettis – Bougainvilliers – Dévoué -  Choisir - Pignon – Paillasson – Amer – Bookmaker – Atrophié – Mineur – Poème – Domicile – Mohair – Prétention – Concierge – Miraculeux – Éternuement 
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Mieux vaut se présenter avant minuit pour admirer les bougainvilliers sur ce balcon ayant pignon sur rue’, sans prétention mais bien achalandé en plantes exotiques. C’est miraculeux courant novembre, les plants ne sont pas atrophiés. Nullement une épreuve de s’essuyer ensuite les pieds sur le paillasson de son immeuble, sachant que le concierge veille à la propreté, dévoué à la cause des locataires avant de rejoindre son domicile. Il choisit alors de se faire un plat de spaghettis à la bolognaise, sachant que trop épicer son plat peut le rendre amer. Puis la digestion se faisant et surtout suite à un éternuement, il revêt son mohair. Il opte enfin pour s’installer devant la télévision face à une histoire de bookmaker et de mineur impliqués dans une histoire bizarre : tout un poème !

Claudine
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Denise, vêtue de son pull mohair, devait se présenter chez son dévoué horticulteur afin de choisir des bougainvilliers couleur fuchsia. À la vue de certains arbustes atrophiés, elle renonça à son projet. Sur le chemin du retour, elle vit son ancienne concierge à la terrasse du café, parmi les bookmakers. L’un d’eux, affichant un rire amer, fut pris d’éternuements spasmodiques. À hauteur de son domicile, Denise fut lynchée verbalement : une heure durant, elle fut le paillasson de sept individus  de l’immeuble voisin, la rendant iniquement responsable de l’humidité de leur pignon. Leurs prétentions étaient loufoques et infondées. En rentrant, elle fit cuire des spaghettis pour se remettre de l’épreuve ; ce fut miraculeux si elle ne s’effondra pas. Après cet incident, de nos jours banal et mineur, Denise écrivit des poèmes jusqu’à minuit.

Marie-Christine
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Gérard est un bookmaker sans prétention, entièrement dévoué à sa concierge qui sait lui faire plaisir, en lui préparant de temps à autre de délicieux spaghettis à la carbonara, son petit péché mignon.
Gérard a subi bien des épreuves au cours sa vie, de gros soucis de santé lui ont laissé comme séquelle une main atrophiée, ce qui l'a rendu quelque peu amer depuis. Mais quand son moral est au beau fixe, il se dit que tout ceci n'est après tout qu'un problème mineur, c'est même miraculeux qu'il se soit si bien sorti de ce mauvais tour que la vie lui a joué. Il est d'autant plus fier d'avoir réussi sa vie et d'avoir à présent pignon sur rue.
Pour son domicile il a choisi un premier étage, un paillasson très coloré en marque l'entrée, impossible de se tromper de porte quand on vient lui rendre visite. Mais pour l’heure Gérard est bien occupé : vêtu d’une tenue confortable composée d'un pantalon en velours côtelé et d'un pull en mohair, il s'essaie à l'écriture.

samedi 25 janvier 2020

ECRIRE AVEC LE SON "RI"

Ecrire un texte avec le maximum de mots contenant le son "ri"
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L’âge de mes rides
Sur mon visage, mes rides ont fripé mes expressions. Les rires ont creusé des sillons, les cris et les soucis ont pris mon front et mes joues. Mon corps est au temps gris. Les années ont grillé certaines choses et certains rêves. Telle une fabrique qui rouille et se grippe, mes gestes se sont faits à ces journées qui pourraient être chagrines. Mes yeux sont toujours souriants et une malice y trouve encore un soupir et beaucoup de vérités. Le temps passe pour tout le monde. Comme un rythme, une sorte de rite, il nous barbouille de souvenirs… Une imagerie, le film de cette femme rabougrie apparaît et devient réalité si quelqu’un ou quelqu’une prend la peine d’ouvrir le rideau de mes souvenirs. Apparaît alors l’institutrice qui avait tant de sévérité, la boulangerie où les odeurs chatouillaient nos narines, les courses, le mariage et ce si bon mari, les parents qui  n’étaient pas riches, les enfants qui ont bien grandi et son devenus parents… L’histoire de ce quartier, de cette campagne, un temps passé qui ne peut revenir. Mais toujours et encore des rêves pour s’enfuir, voir un certain avenir plus lent mais si riche d’amour donné et pris que lorsqu’arrivera la fin, c’est avec sérénité et sans trop de tristesse que je partirai, mais resterai en vos cœurs.

Valérie
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Marina Rinaldi, les yeux rivés sur son courrier, découvrit une invitation, ornementée de fioritures, la plongeant dans une euphorie proche du charivari. Adieu rhinites, gargarismes, plaies traitées à l’acide boriqué, la descente ricanante aux enfers, à ses risques et périls.

samedi 18 janvier 2020

LA COQUETTERIE

Le Douanier Rousseau
Coquetterie ! Frivolité féminine ? Que non point ! La coquetterie est tout un art : celui de se mettre en valeur au regard des autres et de soi-même sans trop d’exubérance ou d’exagération mais parfois avec une pointe d’originalité qui  ne fait que rehausser son aimable vision. Avec des critères qui ont varié dans le temps et selon les sociétés, cet art a été cultivé  avec plus ou moins de bonheur. Nombreux peintres en sont les témoins. Ils se sont plu à la mettre  en exergue à travers la réalisation de portraits.
C’est en feuilletant un de leurs catalogues, que je me suis arrêtée sur celui de l’un d’entre eux qui m’a particulièrement frappée, me rappelant que la coquetterie n’est pas seulement l’apanage de la femme ;  l’homme n’y est pas étranger
 Monsieur est là, endimanché, figé dans une posture plutôt froide et rigide. Ses cheveux noirs, abondants, sont rigoureusement séparés en leur milieu par une raie. Bien lisses sur le sommet de la tête, ils tombent au-dessus des oreilles, se gonflant telle une vague. Ils me font penser à ces coiffures gominées, ces chevelures frisées un peu tout fou, et même à la perruque de Louis XIV et de sa cour. Immédiatement, par contraste, je revois chez les jeunes et chez les adultes,  cette mode de crânes chauves laissant libre cours à leur envie, sans toutefois présenter  pour autant une figure presque  imberbe.
Sur la photo, mon  personnage, rasé de près, arbore toutefois une  magnifique moustache à l’anglaise dont les pointes se relèvent très légèrement. Ce n’est pas celle à la gauloise, énorme qui s’étale orgueilleusement mangeant la moitié de la figure, cachant parfois quelque défectuosité physique. Certains l’ont préférée plus fournie ou  plus courte, comme seul ornement. D’autres, par contre, l’ont agrémentée d’un collier, d’un bouc voire de favoris ou d’une barbe plus ou moins longue, soulignant ainsi la forme de leur visage.
Et sous  cet ornement plus ou moins pileux, que dire du choix de la chemise, de sa forme et de sa couleur qui peuvent demander maintes réflexions et nombre d’hésitations, tout comme  la veste à l’encolure largement ouverte ou plus stricte avec un revers étroit orné parfois d’une  pochette ? N’en est-il point ainsi pour la cravate aux largeurs variables avec un nœud serré ou lâche ? Optera-t-il pour un nœud papillon délicatement posé sur un plastron au col cassé ou pour une lavallière ou même pour un foulard de soie élégamment enroulé autour du cou à moins que ce ne soit  pour une écharpe négligemment jeté sur les épaules ? Et il ne faudrait pas non plus oublier cet autre accessoire important, guère plus en vogue de nos jours, les boutons de manchettes, en or, en argent ou en métal plus ou moins brillant qui pouvaient être  assortis à l’épingle de cravate.
Et ainsi de la tête aux pieds, les moindres détails embellissent la personne et son vêtement offrant aux yeux de tous, l’image de quelqu’un agréable à regarder. Et oui, la coquetterie, en tant qu’art, se loge partout !

Marie-Thérèse
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Elle avait pris ce pli en son âge certain de tirer un trait de bois de rose ou lie de vin sur ses minces lèvres blanches aux commissures ourlées de cette mini fossette que le sourire, puis le rire avaient creusé au fil des années. Nul doute, le temps a fait des ravages dans un visage en lame de couteau. Mais si un simple geste accompagné de cette indicible pensée de désirer garder quelques infimes marques de beauté peut lui faire un bien fou ?... J’adhère totalement à cette recherche du plaisir. Un plaisir parmi d’autres dans un esprit encore bien conservé dont la vivacité s’accorde avec une langue à la pointe acérée et aux remarques piquantes de vérité. Impossible de discerner la couleur exacte de ses pupilles en des yeux pleins de réalisme et de sincérité. Pas une ombre de fausseté ni de poudre de perlimpinpin. Juste le rouge d’un col roulé et un médaillon rehaussant le tout mettrait quelques lumières en ce tableau de la maturité, en cette journée frileuse et pluvieuse annonçant un hiver doux et humide, si j’en crois les prémices… Le pantalon et le caban de teintes foncées tous deux tranchent avec les froufrous d’un col de tunique caressant le cou, en parfaite harmonie avec la carnation d’une peau qui fut certainement veloutée. Nul besoin de paraître, d’apparaître différente aux yeux d’autrui et aux siens. Elle est et reste elle-même. Peut-être plus jolie ? Au nom de la coquetterie ? avec ou sans, elle utilise le même langage : celui de l’intelligence et de la tendresse. Elle sait dire « Merci, c’est gentil ! ». Elle aime la reconnaissance et quelque part l’indulgence. Elle apprécie que l’on se soit compris, que l’on soit amie. Si elle économise ses mots, très certainement pour cacher ses maux, elle ne connaît pas la juste mesure entre rien et trop. Sa générosité la perdra certainement mais elle est comme ça : entière, vivante et vibrante.

Claudine
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samedi 11 janvier 2020

AU HASARD

Chacun tire au hasard : un lieu, un personnage, un objet et une action ; et écrit un texte à partir de ces éléments
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Un forain obèse et coquet - Se faire comprendre à demi-mots - Un billet de loterie - Une mine de charbon désaffectée

A la dernière foire, Théo et Shanna avaient acheté  chacun un billet de loterie,  sans trop y croire. Et Théo a  gagné des bons d’hôtel pour trois nuitées. D’un commun accord, ils conviennent alors de visiter quelques villes du Nord, à vélo, pendant ces quinze premiers jours d’octobre. Ils ne craignent ni le vent ni la pluie mais ils espèrent tout de même un beau soleil pour profiter au mieux des nombreux monuments.  
D’abord ils commencent par Arras. Ils y admirent le centre-ville et ses ruelles mais aussi sa place des Héros puis  sa grand’place, toutes deux dans le style baroque flamand. Ensuite, ils se rendent à l’hôtel de ville de style gothique que surplombe du haut de 55 mètres, son beffroi très particulier avec sa tour octogonale. Théo et Shanna n’hésitent pas à pénétrer à l’intérieur et à monter la quarantaine de marches pour découvrir le paysage environnant avant de faire un tour à Saint Vaast et à son Abbaye. Fatigués, ils s’attablent un moment pour déjeuner d’un délicieux coquelet à la bière avant de visiter quelques-unes des huit églises, Arras n’est-elle pas surnommée : « La ville aux clochers ».
  Le lendemain, ils font route vers Cambrai, ancienne ville fortifiée. Ils y entrent par la porte de Paris, un de derniers vestiges de ses remparts et se dirigent vers l’hôtel de Ville où Martin et Martine sonnent les heures. Ensuite, ils regardent le beffroi quelque peu différent avec son petit dôme surmonté d’un lanternon. Enfin, ils vont voir les deux  derniers exemples de béguinages français à Saint Vaast et à Saint Nicolas, non sans s’être restaurés d’un hochepot de perdrix à la purée de lentilles. Avant de quitter la cité, par la porte Notre Dame, ils ne manquent pas d’emporter deux sachets de leurs  fameuses bêtises.
Shanna a, quant à elle,  gagné une place à un magnifique concert de carillonneurs à Douai. Ils projettent donc de s’y rendre mais il est encore trop tôt. Ils décident alors de pousser plus avant  vers le pays des gueules noires. Après avoir longé un paysage vallonné de terrils devenus verdoyants, ils arrivent à la tombée de la nuit à Lewarde. La petite ville est en ébullition. Est-ce la ducasse ? Non, ce n’est pas la kermesse. Ils apprennent vite que va se dérouler la fête de la châtaigne. Ils ne pensaient pas rester là ce soir mais choisissent de le faire s’ils peuvent se loger. Se faisant comprendre à demi-mots auprès de l’aubergiste debout sur le pas de sa porte, ils obtiennent une chambre à bon prix.
Le jour suivant, tous les habitants sont sur leur trente et un sauf les joggeurs qui s’élancent depuis la mine de charbon désaffectée pour courir à travers les bois où sont disséminés nombre d’animations et de stands.  Dans l’air flotte une odeur de frites chaudes et de moules. Shanna va pour acheter un cornet de chaque et alors que le cuisinier les lui tend, un chien courant, une saucisse volée dans la gueule, lui passe entre les jambes, la déséquilibrant. Elle retombe sur le dos d’un énorme monsieur vêtu de son beau costume régional. Les cornets volent. Les frites atterrissent  sur Théo qui maugrée mais quelques  moules se sont fichées sur la veste de cet homme qui se retourne furieux. C’est  un forain obèse mais coquet qui proteste et peste en chti. Il hurle sa fureur. Son beau costume est taché. Shanna ne comprend pas ce qu’il dit  mais elle s’empresse de s’excuser. Ses cris sont étouffés par l’arrivée de l’harmonie locale qui joue à grand renfort de grosses caisses et de trompettes. Elle précède le géant Isidor et son cortège folklorique. Théo regarde Shanna toute décontenancée par cet incident et la réconforte. Il a parlé au forain et tout s’est arrangé. Ils peuvent tranquillement profiter du spectacle et pour conclure cette belle journée, ils participeront, ce soir  à la retraite aux flambeaux dans les bois.

Marie-Thérèse
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Un clou rouillé - une rivière souterraine - une jeune voisine sympathique mais un peu godiche - prendre ses jambes à son cou

dimanche 22 décembre 2019

VILLE OU VILLAGE AIME

Ecrire sur une ville ou un village qui vous a marqué
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Pour avoir souvent déambulé à pied et en automobile à travers mon pays, je dois reconnaître que la France de l’Est m’est plus familière que celle de l’Ouest… Diverses raisons à cela, l’implantation de la famille maternelle, au cœur de la Bourgogne y est probablement pour beaucoup.
Notre mère était née à l’entrée d’un village presque collé à la petite ville de Tournus, capitale de l’art roman européen et de l’aluminium culinaire ; la Saône s’y prélassait quand elle ne sortait pas de son lit en hiver, inondant la vaste prairie. Une jetée d’un bon kilomètre maintenait la liaison permanente avec le village qui, lui, montait la garde sur un gros caillou rocheux, à l’entrée de la Bresse. L’arrivée chez le grand-père avait quelque chose de grandiose et de tendre dans ma tête d’enfant et m’a laissé une trace indélébile : impossible de ne pas passer devant la « maison du bout de la levée », à chaque fois que j’ai eu l’occasion de me rendre dans le Jura ou les Alpes, ou même le Midi.
Cette maison et son village devenait nôtre pour un mois de vacances. Tout nous rappelait l’enfance heureuse de maman, ses jeux sur les rochers qui jouxtaient le jardin… les mûres dont elle se gavait… les farces que cette petite campagnarde faisait à ses cousins de la ville… À la mi-août, nous allions à la grande fête foraine qui se déroulait sur les quais de la Saône : manèges, pommes d’amour délicieuses lorsqu’elles n’étaient pas véreuses, loteries où nous avions gagné un oiseau sans bien savoir comment le nourrir… Puis venait le soir avec le feu d’artifice que nous admirions depuis le pont, et enfin le retour sous les étoiles.
Du village ancien, d’une belle pierre bourguignonne dorée, on avait une double vue : à l’ouest, les contreforts du massif Central, et à l’est, la Bresse qu’ourlaient le Jura  et même, par beau temps, le Mont-Blanc. C’est de ces toits que je découvris les tuiles romaines et ressentis pour la 1ère fois l’appel du Sud. Nous n’allions guère dans le cœur du village mais c’est de celui-ci que mon grand-père rapportait chaque jour un bon gros pain paysan. Quand je l’accompagnais, il me montrait la petite épicerie où l’on se ravitaillait encore sans emballage, l’école de maman… Souvent nous croisions des connaissances auxquelles il me présentait avec plaisir. Plus loin, sur le plateau dominant la maison, on arrivait au cimetière où il entretenait la tombe de tous les disparus de la famille. C’est là qu’il repose maintenant.
Ce village est le premier que j’ai connu et aimé, c’est celui de mon enfance. Mais je l’aime aussi pour son site et les possibilités de découvertes qu’il offrait. Ma grand-mère, que je n’ai pas connue, nous en a laissé quelques toiles.

Françoise
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Lors d'un séjour sur l'île de Djerba en Tunisie, j'ai été fascinée par le très ancien village de Chenini.
Avant d'y arriver nous avons fait un arrêt à Tataouine, un nom qui m'a fait sourire car je ne le connaissais qu'au travers de la célèbre expression  que nous utilisons en France : «aller à Tataouine». Ce jour-là j'ai découvert que ce lieu existait réellement, et qu'on pouvait donc bel et bien se rendre à Tataouine ! Mais il est vrai aussi que  les paysages rencontrés ce jour-là m'ont donné l’impression d'être arrivée à l’autre bout du monde.
Au cours de cette escapade  j'ai vu  des  sites que je ne soupçonnais pas, comme les chotts, étendues désertiques couvertes de sel,  et donc le village de Chenini, but de notre expédition du jour. En découvrant cet ancien site berbère j'ai été très impressionnée, j'ai eu la sensation qu'à cet endroit le temps s'était arrêté depuis bien longtemps.

samedi 30 novembre 2019

LOGORALLYE GEANT

Ecrire un texte comportant obligatoirement les mots suivants : Location – Tambourin – Draguer – Requin – Epiloguer – Etudiant – Verdâtre – Ventilateur – Franchise – Dérouler – Préparatif – Fois –Lit – Entourloupe – Terrifier – Couple – Cascade – Echanger
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En se levant du canapé qui lui avait servi de lit, l’étudiant ne se sentait pas bien, il avait chaud, était verdâtre et la peau du ventre tendue comme un tambourin. Une fois debout il alluma le ventilateur et commença ses préparatifs pour le petit déjeuner qu’il prévut  léger. Il déroula sa serviette de table tout en repensant à la cascade d’évènements de la veille. Il s’était  mis à couple avec son petit bateau pris en location pour le week-end auprès d’un yacht appartenant au moins à un requin de la finance. Il était terrifié à l’idée de ne serait-ce que le frôler. Il échangea avec des jeunes qui l’avaient regardé effectuer ses manœuvres et l’invitèrent à poursuivre la soirée chez des amis. Sans douter de leur franchise il n’avait pas senti l’entourloupe venir. Il s’était fait draguer, avait trop bu et fumé il ne savait quoi ! Il avala une gorgée de café bien serré et décida de ne pas épiloguer sur cette mauvaise nuit.

Fabienne
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Un étudiant du nom de  Goupil  emmena la jeune Berthe à l’aquarium de la ville. Il pensait aisément la draguer lors de cette promenade.  Pour tout préparatif, il avait pris en location, un tambourin. Il la jugeait naïve et voulait lui faire croire que les sons qu’il produirait avec son instrument, étaient ceux émis par un magnifique requin qu’il aimait contempler. Une fois sur les lieux, les évènements ne se déroulèrent pas du tout comme il avait prévu. Et son entourloupe tourna au fiasco.  Il avait oublié l’existence d’une belle cascade qui tombait dans un grand bassin tapissé d’un lit d’algues verdâtres. De plus, comme il faisait très chaud, un ventilateur tournait à grande vitesse pour maintenir une température constante. Et le brouhaha des visiteurs l’empêcha d’échanger avec sa belle. En outre,  la vue de ces squales la terrifia et elle ne chercha plus qu’à ressortir à l’air libre.  Aussi, Goupil la raccompagna-t-il au plus vite et n’épilogua donc pas longtemps. En toute franchise, ils n’étaient pas faits l’un pour l’autre et ne formeraient pas le couple rêvé.

Marie-Thérèse
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Envisager une location de tambourin, autre tambour ou tam-tam sur une plateforme pétrolière des fois que l’ennui s’inviterait pour pouvoir passer du temps agréable musicalement parlant, vous n'y pensez pas? De plus à la vue du prix : une véritable entourloupe. D'ailleurs dans quel but ? Afin d'échanger des messages codés avec le continent à quelques heures de vol d'hélicoptère ou pour rythmer les amours de couples de requins venus se reproduire dans les eaux poissonneuses angolaises sur fond de djembé autour de la plateforme pétrolière du Kaombo-Norte ? Un groupe important venus terrifier le personnel et les ingénieurs essayant de préserver leur réseau de pipelines dans un rayon de 300 kilomètres. Aux techniciens, ingénieurs, pompiers, matelots, personnel médical et technique, soudeurs, pilotes d'hélicoptères se mêlant allègrement en un flux continu 24/24 à quelques étudiants venus tester leur endurance et leur ténacité loin de leur famille et de leurs loisirs.

vendredi 22 novembre 2019

DANS LE VENT...

Ecrire avec le maximum d'expressions comprenant le mot "vent"
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Ces années -là, Denise, dispersée aux quatre vents, écoutait les quatre garçons dans le vent, les Beatles dont la chevelure flottait au gré du vent.
Le vent était alors à l'optimisme, Denise aimait les orchestres composés d'instruments à vent ; elle lisait les poètes : Verlaine :"au  vent mauvais", Verhaeren : "ouvrez la porte ... Pearl Buck, l'auteur de Vent d'Est, vent d'Ouest, les chansonniers comme Sardou  avec : "un vent de Sibérie souffle sur la bohême, ou encore Brel...et 'le vent du Nord...
Saturée de littérature, Denise sortait parfois se promener pour décompresser, protégée par son coupe-vent ; elle passait devant son ancienne école dont le tableau était surmonté d'une rose des vents, tandis que les feuilles mortes filaient au vent.
Ces années-là, on pouvait voir sur le petit et le grand écran Autant en emporte le vent ou Noëlle aux quatre vents qui remportaient un vif succès .
Ces années-là, la jeunesse, venue des quatre vents, le nez au vent, respirait le vent de liberté de Mai 1968; les étudiants avaient le vent en poupe, tandis que les autorités leur faisaient face, vent debout par vent contraire alléguant que les forces de l'ordre ne vendent pas du vent et de la fumée et que celui qui sème le vent, récolte la tempête. Denise rêvait des vents alizés, des Iles sous le vent en fermant ses contrevents : elle préférait se remémorer les Noëls anciens : "Vive le vent d'hiver..." Elle apprit plus tard que le navigateur qui avait pourtant du vent dans les voiles, par un vent à décorner les bœufs, progressant contre vents et marées,
 à bord du Manureva s'abîma en mer au large des Açores quand le vent tourna mal.
Denise, attristée par cette nouvelle partit en coup de vent chez une camarade qui n'était pas non plus dans le vent à certains moments.

Marie-Christine
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Jeanne vit arriver Bob. Elle ne le salua pas d’un « quel bon vent vous amène ! » mais lui souhaita plutôt bon vent car il  ne voulait rien entendre. Contre vents et marées,  il voulait s’en aller. Elle insista pour qu’il restât mais c’était autant avoir du vent dans son sac ou  se battre contre des moulins à vent. Elle prit un vent  car elle marchait contre le vent. Il était vent debout et rien ne le ferait changer. Elle murmura entre ses dents : «Que le vent t’emporte !» Il avait parfois du vent entre les oreilles.  Bien qu’il y eût vent d’un avis de tempête, il n’y croyait pas.
« -Ces gens-là disaient-ils, ne vendent que du vent. Le ciel est clair et  même pas  un souffle de vent ! »

samedi 16 novembre 2019

LE MEILLEUR MOMENT DE LA JOURNEE

Ecrire sur le meilleur moment de la journée, ou d'une journée en particulier
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Quand on vit seule et qu'en plus on souffre de la solitude, les journées sont parfois bien longues. Bien sûr il y a les divers travaux que l'on doit faire et qui occupent, ménage, linge à repasser, courses, cuisine, etc. Mais une fois que tout cela est terminé, que faire quand on est seule. S'il me reste du temps libre en fin de journée je fais des mots croisés et je lis, mais si cela m'occupe l'esprit, il y a tout de même des moments que j'apprécie plus que d'autres.
Celui que je préfère chaque jour, c'est finalement la soirée. Une fois ma longue journée en solitaire terminée et le repas du soir expédié, j'aime m'asseoir devant la télévision . J'y suis tout d'abord les informations mais surtout, je regarde ensuite un bon thriller. Confortablement installée, pendant deux bonnes heures je suis plongée dans mon film, c'est je crois le seul moment où j'arrive à ne plus penser à rien d'autre ;  car si je veux suivre l'intrigue et la comprendre, je suis obligée de me concentrer un maximum. Ensuite il est l'heure de me coucher, et même si je ne dors que très peu, je suis contente aussi de retrouver mon lit, je m'y couche en espérant que demain sera un jour meilleur.
Une fois par semaine, je préfère néanmoins l'après-midi, c'est le vendredi, jour de l'atelier
 d'écriture. Ce jour-là je me lève de bonne humeur et avec un moral d'acier, je me sens pousser des ailes, j'ai hâte d'y être. Là encore c'est pour moi l'occasion d'oublier la noirceur de la vie, pendant deux heures et demie je suis ailleurs. Mais ce moment me semble néanmoins bien court, il passe si vite. C'est tout de même bizarre comme le temps passe plus ou moins rapidement selon ce que l'on en fait.
Bien sûr l'atelier se prolonge un peu au travers du texte que j'ai à écrire pour la semaine suivante, ce que je suis en train d'essayer de faire. Ce n'est plus aussi réjouissant car je retrouve ma solitude, mais qu'importe, mon esprit est encore occupé pour un temps.
Comme tu le sais Laurence, voilà aussi pourquoi j'apprécie tout particulièrement les sujets qui me permettent d'écrire des textes un peu déjantés, ils me permettent de sourire en les écrivant. Merci donc Laurence pour ces petits moments de bonheur que tu m'apportes chaque semaine, comment ai-je pu vivre sans eux auparavant.

Paulette
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Pour certains et certaines, le premier petit ou grand bonheur du matin serait "café-cigarette ou "on va se griller une clope avec un p’tit kawa", plus populaire pour inverser les rôles et varier les plaisirs. Très peu pour moi. Ni petite ligne de blanche, encore moins de p’tit canon, ni de p’tit sucre au rhum ou au calva. Ce sera une infusion! Et il en existe pour tous les goûts et tout moment de la journée! Souvenez-vous de la publicité pour la Boldoflorine? Elle date et ne se trouve plus en rayon. Mais il existe toujours des infusions à base de mélisse, d'anis, de mauve, de réglisse, d'artichaut, de fenouil, de badiane, de menthe pour la digestion et pour purifier le foie.

lundi 11 novembre 2019

AU HASARD

Chaque participant tire au hasard un personnage, une action, un lieu et un objet, qui devront obligatoirement se retrouver dans leur histoire.
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Un coffre en bois massif - Se dépouiller de tous ses biens - Le Président d’une association caritative - Au sommet d’une montagne enneigée

En ce jour d’hiver illuminé d’un rayon de soleil,  Aimé Donadieu, le Président d’une association caritative, bien connue «un bol à chacun», part randonner en hors-piste avec son ami, Désiré Painblanc. Ils vont grimper jusqu’au sommet d’une montagne enneigée qu’ils connaissent bien, celui de « la dent de Crolles». Tout en marchant joyeusement sur le sol crissant sous leurs après-ski, ils discutent de leurs réalisations futures pour aider les sans-abris du quartier défavorisé du « marais hanté ». Ils évoquent également les bénévoles qui concoctent la soupe chaude ou récoltent au supermarché, les vivres de première nécessité.
Après plusieurs heures de montée, ils traversent une nappe de brouillard et accèdent à l’endroit appelé «au regard du diable ». Ils s’arrêtent un long moment pour admirer le paysage qui se dévoile à leur vue. Le ciel jusqu’alors clément, se couvre, perdant son gris souris pour prendre une couleur d’acier puis celle de la suie. Sans plus attendre, ils décident de renoncer à leur projet et de redescendre au plus vite. La  neige qui a commencé à tomber en de légers flocons de cristaux, se densifie.  Dès qu’ils le peuvent, ils décrochent leurs skis qu’ils portaient sur leur dos et glissent sur la pente devenue maintenant d’un blanc immaculé.
 A mi-chemin, ils entendent un grondement sourd. Là-haut, tout là-haut, une avalanche s’est déclenchée. Bientôt, elle déboule et s’élargit, heureusement, sans les atteindre. Ils l’ont échappé belle ! Préoccupés, ils ne pensent plus qu’à arriver le plus vite possible et prêtent moins d’attention au sol, maintenant recouvert d’un épais manteau. Mais  ils ne sont plus qu’à quelques mètres de la première piste et aperçoivent déjà quelques arbres.
Brutalement, Aimé  heurte une grosse racine cachée sous la neige et s’étale de tout son long. A leur grand ébahissement, apparait, déterré par sa chute,  un coin de coffre en bois massif.  Que fait-il là en pleine nature ?  Intrigués, tous deux se demandent  ce qu’il peut bien contenir. Aimé le soulève et s’étonne de son poids compte tenu de son faible volume. Il  le tourne et le retourne sans pouvoir l’ouvrir. Il se résout alors à l’emporter et le charge dans son sac à dos.
De retour au chalet, il l’examine avec circonspection. C’est seulement en glissant une lame sous le couvercle qu’il parvient à faire céder le petit ressort. Il  découvre alors  quelques cailloux : feldspath,  quartz, ferrite et  même une petite améthyste logée dans une enveloppe toute défraichie et jaunie accompagnée d’un papier plié en quatre. Il s’en saisit. Quelques lettres sont encore lisibles ainsi qu’un numéro presque effacé à l’en-tête de  Maitre Devin Adolphe, notaire. Le prénom l’interpelle car celui qu’il connait bien, se prénomme Gérard. Dès le lendemain, il se rend à l’étude pour s’informer et lui montrer la lettre. Son ami se moque de lui. Que m’apportes-tu là ? Une lettre de mon grand-père ! Et Aimé de lui raconter sa trouvaille. Gérard lui promet de plonger dans ses archives. Grâce au numéro, il lui apprend que Madame Camille Donadieu, célibataire, s’était dépouillé  de tous ses biens en sa faveur. Une de mes  arrière grand ’tantes s’exclame Aimé, Pourtant le dossier avait été clos très rapidement, une avalanche avait emporté sa maison peu de temps après son décès. Gérard lui dit en riant : « Tu n’as pas tout perdu ! En guise d’héritage, il te reste le coffre et ses cailloux! »

Marie-Thérèse
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Une médaille miraculeuse - se promener sans but- un nourrisson couvert d’eczéma - au cœur d’une clairière.

Clémence se promenait sans but dans la campagne bretonne, il faisait doux presque chaud en ce début d’automne et dans le landau qu’elle poussait on pouvait voir, bras et jambes nus, un nourrisson couvert d’eczéma. Le pauvre enfançon poussait de petits cris plaintifs tant les démangeaisons le faisaient souffrir. Jusqu’à ce jour ni le médecin, ni le pharmacien, ni le rebouteux, ni le curé, pas plus que la demi-sorcière du village qui avait invoqué les korrigans n’avaient réussi à améliorer son état malgré les pommades et  onguents qu’on lui avait étalé sur le corps, les  tisanes d’herbes variées aux noms poétiques qu’on lui avait fait absorber au biberon, pas plus que les prières et psalmodies de toutes sortes qu’on lui avait susurré à l’oreille, rien n’avait eu le moindre effet sur le petit malheureux.

samedi 26 octobre 2019

FEU DE BOIS

Le feu de bois sera votre source d'inspiration : feu de cheminée, de camp, de broussaille, de la Saint-Jean...
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Aussi loin que je me projette dans mon petit passé, j’ai toujours aimé le feu de bois. Pourquoi ? Je ne sais … Quelques pistes… peut-être la dureté des hivers de ma petite enfance que la guerre et ses privations rendirent plus intense ; dans les villes sinistrées, ramener de quoi faire une flambée relevait du miracle. Vinrent ensuite des temps meilleurs.
Le jardinage impliquait le nettoyage des terrains après les récoltes, par les feux de broussailles… d’âcres fumées se mêlaient aux premiers brouillards tandis que l’on se rapprochait du feu pour mieux profiter de ses ronflements si vivants, si réconfortants et joyeux avec leurs pétillements traversés de coups de pétard ; et puis les flammes orangées, dansantes et chaudes attirées par le ciel.
Les loisirs simples revinrent avec le camping héroïque et ses feux de camp de tailles variées. Dans la nuit d’été s’élevaient des chants, des rires et des exclamations, surtout quand une partie du feu s’effondrait dans une gerbe d’étincelles, tel un feu d’artifice naturel. Avec le retour de l’automne, le feu retrouvait toute sa place dans la maison : la cuisinière Godin, en fonte, se chargeait d’avaler du matin au soir sa hotte quotidienne de bûches. Sympathiques, le ronflement, les flammes orangées sous les rondelles que soulevait le pique-feu de maman, les odeurs du bois qui se mêlaient à celles de la soupe et des mets qui mijotaient…
Bien plus tard, à l’occasion de séjours réguliers à la campagne, je renouai avec le feu… de cheminée. Cette fois, j’appris à l’allumer, le « fouetter » pour qu’il chante et chauffe bien ; le feu devint alors le compagnon maîtrisé de mes lectures.
Mais j’eus aussi plusieurs fois l’occasion de réaliser sa force destructrice  lors d’incendies dans les pinèdes sèches de Haute-Provence, en plein été ; parfois sa force était décuplée sous les coups du mistral : les flammes engloutissaient alors les pins, les transformant en torchères ; le feu courrait de collines en collines car les pommes en s’enflammant étaient projetées telles des grenades en avant du front de l’incendie. Le pays et les hommes étaient alors engagés dans un vaste corps à corps avec lui. Quand il était enfin battu, ne restaient alors que des hectares carbonisés, parsemés de troncs noirs et de ruines. Il allait falloir attendre 20 à 30 ans pour retrouver la forêt…
C’est bien l’un des questionnements actuels : comment faire coexister ces deux éléments naturels, l’un étant le produit de la vie végétale qui a son rythme et l’autre, élément naturel destructeur. Les grands incendies posent la question de notre survie car c’est bien la conquête et la maîtrise du feu (autour de 500 000 ans) qui ont permis nos développements ultérieurs.

Françoise
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Le feu de bois évoque pour moi plusieurs souvenirs, d’abord les feux de camp auprès desquels nous nous retrouvions tous pour chanter des chansons lors des veillées de colonies de vacances  et pour regarder danser les flammes au milieu des poussières incandescentes qui s’élevaient en tourbillonnant. La vision du feu, ses couleurs, jaune, rouge et or, son odeur et le crépitement du bois m’hypnotisaient totalement, puis les braises rougeoyantes et assoupies accompagnaient notre douce indolence avant le coucher. La fascination des flammes et c’est comme si j’étais alors transportée dans un autre monde. C’est aussi la cheminée chez mes grands-parents à Bruz où nous allions une fois par an en été quand nous étions très jeunes, dans celle-ci un feu était constamment allumé, il y avait toujours le lait pour le petit déjeuner dans une casserole au cul noirci, une marmite pour le repas du midi et la soupe du soir et entre temps de l’eau à chauffer pour la toilette ou pour laver le linge. La cheminée était très grande et papa nous racontait que quand il était petit sa propre grand-mère, donc mon arrière grand-mère, qui était conteuse s’installait dans l’âtre avec ses auditeurs regroupés auprès d’elle autour du feu.

samedi 19 octobre 2019

ACROSTICHES SUR L'ENFANCE

Acrostiche : court texte ou poème dont les initiales lues verticalement composent un mot
Choisir des mots qui pour vous évoquent l'enfance et les développer en acrostiches
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BETISES
Bêler, hennir, rugir comme un lion, jacasser comme une pie,
Emmêler les cordes à sauter et mélanger les peintures
Titiller les moustaches du chat et lui enduire le poil de mie
Irriter les tympans de maman de cris perçants, ignorant la censure
Siroter sa grenadine et laisser tomber sa paille écarlate sur le tapis
Energiquement secouer le verre pour faire des bulles à coup sûr
Siroter la fin du breuvage et s’essuyer sur la manche de son pull gris. 

SOURIRE
Sollicité en permanence par un entourage tendre et affectueux
Oscillant entre interpeller maman et lui rappeler qu’on est dans la poussette
Ursule est un petit gars souriant : apparemment bien dans sa peau de bébé
Rire et sourire sont ses deux principales occupations
Initier ses parents est son unique préoccupation.
Rigoler, s’amuser et dépenser toute son énergie
En appréciant que son environnement soit heureux.

Claudine
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TOUPIE
Tourbillon fascinant,
Objet magique animé
Une toupie danseuse
Papillonne sur sa tige :
Idéale pour la récré,
Elle envoûte les enfants.


TENDRESSES
Tenir une menotte,
Écouter des gazouillis,
Naître au bonheur.
Donner des câlins,
Recevoir des secrets
Et apaiser un chagrin.
Sécher de grosses larmes,
Soulager des bobos
Et aller vers demain :
Sourire de bon cœur.


CAPRICE
Claire est très exubérante
Aime faire la star,
Pépie comme un moineau, réclame des égards
Insiste pour les obtenir,
Cherche une récompense
Et finit par une punition