lundi 14 septembre 2015

MATERNITE

Maternité, Manuel Zapata Orihuela
Dans la pénombre douce
La mère berce son petit
Penchée vers sa frimousse
Beaucoup d’amour pour lui…

Elle l’a attendu pendant neuf mois
Dans son ventre arrondi
Elle rêvait de son joli minois
Autant les jours que les nuits…

La naissance l’a libérée
De son ventre son enfant est né
Depuis entre change et tétées
Sa vie tourne autour du nouveau-né

Valérie




Pressant contre son sein
Un poupon emmitouflé
Elle exprime la vie

Emmanuel


Toute en rondeur,
La femme péruvienne
Toute en douceur
Et que le sommeil vienne
Serre l’enfant en rouleau
Terre d’un brun de Sienne
Sur sa poitrine, sous le rideau
De ses cheveux d’une beauté démentielle,
Couve le nourrisson

AU MARCHE

Au marché, Manuel Zapata Orihuela
La vierge affolée écoute le poissonnier lui faire des propositions grivoises avec des yeux de merlan frit et son grand couteau rougi par le sang des poissons.

Mireille

Après discussion entre la vendeuse et la cliente : combien vaut ton poisson ? C’est le couteau qui tranchera la part de chacun.

Josiane





La vendeuse toute bleue
D’un couteau sanguinolent
Écaille le poisson

Emmanuel

L’artiste soigne la construction, la symétrie, les formes géométriques ainsi que le thème du tableau.
Nous dénombrons sept poissons, dont le dernier repose sur l’étal. Il faut se nourrir tous les jours : à chacun son poisson quotidien !
Les couleurs sont volontairement froides : le visage du gros poisson et des personnages, présentés de profil, nous interpellent.
Le couteau est ambivalent : outil ou arme.

LA FILEUSE


La fileuse, Manuel Zapata Orihuela
Elle n’est plus elle-même, les yeux écarquillés, les doigts déformés, à force de fixer son regard sur son rouet, les mains manipulant sa quenouille, elle voit des mètres de laine. Combien de pelotes a-t-elle confectionnées ? Combien de pulls, de couvertures ont vu le jour par son savoir-faire ? Les moutons bêlent autour d’elle mais elle n’y prête plus attention. Elle est hypnotisée par leurs toisons. Et pendant ce temps, le temps file entre ses doigts et demain, il sera trop tard, pour filer autre part.

Mireille

File la laine ma fille
Surtout celle de Lama
File la laine de la plaine
Surtout celle d’Alpaga
Transforme les fleurs de coton
En étoffes aux superbes éclats
Tes grands yeux au regard profond
Ne quittent l’écheveau
Bien loin de nos civilisations ici-bas
Que pour créer le renouveau
Sous le soleil Péruvien tout là-bas
Au pays des rustiques agriculteurs
Et bien sûr, n’oublions pas
De courageux éleveurs
Sous des altitudes défiant Eole et le froid
Tableau peint avec romance et chaleur
Par le mari de notre amie Marie-Thérèse Zapata.

Claudine

Le soleil adoré des Incas, mélange de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, baigne la fileuse, trônant au milieu de nulle part, assise au premier plan, contre une volumineuse structure cubique, grisâtre, aux arrêtes froides, nues, impersonnelles.
La fileuse aux mains surdimensionnées, étire de la main gauche la laine blanche de lama ou de vigogne, fait tourner de la droite le fuseau pour tordre le brin blanc : selon la légende, l’arc-en-ciel Kuychi, mécontent des habitants de Taquile leur aurait enlevé les couleurs, les laissant dans un univers de blancs et de bruns ; c’est en apprenant à tisser que les Indiens auraient « recouvré » la couleur

vendredi 11 septembre 2015

LES MÉTIERS DISPARUS

La rue descend légèrement et c’est allégrement que je la prends ce matin-là. Il fait beau, presque chaud. Au coin de la place, un tout nouveau magasin de surgelés est là, au rez-de-chaussée. Peint en blanc, l’encadrement de sa vitrine aux grandes vitres transparentes, dépassent légèrement la façade grise de cet immeuble déjà ancien. Entre deux étages, comme sur un fronton, quelques lettres gravées dans le mur gris s’effacent peu à peu : « Glac..ères Chare..ais.. ». Immédiatement, ces quelques mots font jaillir de ma mémoire la vision d’un passé déjà lointain. D’un portail grand ouvert d’où s’écoule souvent un filet d’eau, sortent régulièrement d’avril à octobre, des attelages de deux chevaux. Ils tirent une charrette pleine de paille sur laquelle reposent les pains de glace. Au bruit des fers sur le sol, les ménagères sortent sur le pas de leur porte et hèlent le cocher, assis droit comme un i sur la banquette avant. Alors, d’un geste bref, il tend les rênes et du long fouet qu’il tient à la main, caresse le dos des animaux. Les roues de bois cerclées de fer crissent et l’attelage s’arrête le temps qu’à l’arrière, le glacier, vêtu de son tablier de cuir, décharge la marchandise, des blocs de 2 à 5 kg. Souvent, il les porte jusqu’à la glacière de la cuisine et, l’achat réglé, il grimpe sur son siège tandis que l’attelage s’ébranle à  nouveau. Leur passage laisse une trace humide sur les pavés de la ville et parfois quelques crottins que les chanceux propriétaires de jardins s’empressent de recueillir dans leur seau, une pelle à la main !
En hiver, ce sont plutôt les marchands de charbon qui traversent la ville, avec leur tombereau fermé sur les côtés. Il ne faut pas qu’un boulet ou un morceau d’anthracite s’échappe ! Certains sont déjà aux aguets pour s’en emparer. Ce serait une aubaine ! Les temps sont durs ! La commande passée au petit café auvergnat, chez «le bougnat », le commis arrive, tout de noir vêtu, la figure et les cheveux couverts d’une poussière qui s’incruste dans la peau. D’un coup de reins, il attrape le sac, le pose à même la rue et l’ouvre. Il le déverse alors dans la cave, par le soupirail à ras du sol. Sous l’effort,

dimanche 2 août 2015

LOGORALLYE IMPROMPTU


5 mots : coquillettes – gamberger – train – illuminer – maison

Quand j’entends siffler le train, cela illumine ma nuit et je n’ai qu’une hâte : retourner à la maison pour engloutir un plat de coquillette et gamberger sur ma prochaine traversée du Pérou, jusqu’au Machu Picchu.

Claudine

Des coquillettes bien préparées illumineront-elles le repas pris dans le train, gamberge Louise en quittant la maison.

Marie-Thérèse

Monsieur Foinetout, durant la canicule, gambergeait à cent sous de l’heure. Soudain, une idée l’illumina. Il sortit subrepticement de chez lui comme un voleur car il avait dit à tous ses voisins qu’il était parti en vacances pour un mois. Il restait donc clos et coi chez lui et comme les provisions s’épuisaient, force lui fut de sortir pour s’acheter des coquillettes afin de se sustenter. Finalement, son sang ne fit qu’un tour, il vit rouge, l’appel du large le happa, il courut à la gare et se jeta dans le premier train.

Marie-Christine

Une gentille petite coquille – coquillette – gamberge de plus en plus, complétement illuminée par un séducteur, elle est partie le rejoindre. Après quelques jours torrides, tout se calme et c’est avec le moral en berne qu’elle prend le train pour rentrer à la maison.

Josiane

Son esprit tordu comme une coquillette gamberge car il souhaite dès sa descente du train aller illuminer sa maison en prévision de Noël.


Paulette