samedi 22 novembre 2014

COMME TOUS LES MATINS

Ecrire un texte qui commence par "Comme tous les matins, à huit heures trente, il ouvrit la porte de son bureau..."
..........................................................

Comme tous les matins, à huit heures trente, il ouvrit la porte de sa classe qui était située au rez-de-chaussée du bâtiment… Quel spectacle s’offrit à lui ! Notre collègue nous appela, nous étions tous prêts à regagner nos postes et il voulait que nous constations, nous aussi, ce vrai désastre…
Très vite, nous avons saisi ce qui avait pu se passer cette nuit-là… Un vasistas était resté malencontreusement ouvert. Un chat de gouttière qui rôdait à la recherche d’une source de chaleur avait dû sentir une légère bouffée bienfaisante en passant au-dessus du vasistas. C’était l’hiver et les chats aiment bien dormir au chaud…
Notre Mistigris inconnu, avec la souplesse bien connue des félins, en trois ou quatre bonds, avait dû sauter du rebord extérieur de la fenêtre sur le vasistas entrouvert, l’ouvrir en grand et… plouf ! rebondir dans l’aquarium placé juste en dessous l’entraînant dans sa chute avec tout son contenu. Quelle aubaine nous notre matou ! Non seulement il avait trouvé la chaleur mais un festin inattendu, une vraie pêche miraculeuse. Il avait grignoté presque tous les poissons… Certains n’avaient plus que la tête, pour d’autres seule subsistait l’arête dorsale. Le festin ne convenant pas au goût de notre pêcheur, il avait laissé une dizaine d’agonisants dont quelques-uns se tordaient encore de douleur avec des spasmes affreux dans des flaques d’eau formées çà et là sur le revêtement de sol.

Les alentours avaient subi aussi quelques dommages. Les piles de cahiers verts, rouges ou bleus rangés sur l’étagère sous l’aquarium avaient été transformées en éponges multicolores.
De la cour de récréation, tous les élèves accoururent pour jouir de ce spectacle inattendu. « Pauvres poissons », disaient les uns, « Sale chat » clamaient les autres. Quelques filles de cette classe de CM1 pleuraient ! Elles aimaient ces compagnons silencieux dont elles pouvaient suivre les évolutions pendant des cours plus ou moins intéressants. Puis, par équipe de deux, ils étaient chargés de donner à manger aux poissons et de changer l’eau. Et cette tâche divertissante allait disparaître ! Eux aussi deviendraient chômeurs ! L’avenir était soudain bien sombre pour ce CM1 !
Il fallait malgré tout réparer les dégâts : les femmes de ménage accoururent et se mirent à l’ouvrage. Chaque coup de balai ramenait à la surface des vestiges du massacre nocturne. Le chat avait commis d’autres méfaits en cherchant à quitter les lieux. Pour regagner la seule issue, il s’était accroché avec ses griffes aux rideaux de tissu léger qui tamisait le soleil quand ses rayons gênaient les élèves, quelques-uns étaient en lambeaux ! Seule cette classe de CM1 passa la matinée au préau. Leur maître inventif et dynamique organisa des jeux pacifiques qui permirent aux enfants de passer le temps agréablement et ils parlèrent longtemps de cette demi-journée. Quant au maître, il jura de ne plus jamais installer d’aquarium dans sa salle de classe.

Christiane
...................................................................
Comme tous les matins, à 8h30, il ouvrit la porte du bureau, l’âme chagrine. Mais tout semblait différent, les murs gris du bureau étaient recouverts de peinture lumineuse tel un soleil d’été en ce sombre jour d’hiver. Près de la fenêtre, un grand pot de tournesols artificiels dominait la pièce, ce qui donnait une pêche irrésistible. Le revêtement du sol devenu vert ressemblait à une vaste prairie.
Quelle joie ce changement effectué pendant les quatre jours fériés !
Il se sentait revivre bien dans sa peau, prêt à affronter une semaine de travail. Les collègues arrivés les uns après les autres ne trouvaient pas les mots pour décrire cette agréable surprise et ils sont allés à la cafète boire un café pour fêter l’événement. Ils invitèrent pour le remercier leur directeur qui accepta de se joindre à eux,  content de leur joie. Puis la vie reprit son cours, le travail aussi,  avec moins de coups de cafard et plus de chansons dans la tête, plus de bénéfices pour l’entreprise, plus de travail pour les employés pas plus payés.
Un petit coup de peinture, comme une baguette magique, motive les employés reconnaissants à la bonne fée et ils ne mesurent plus leurs efforts pour la contenter. Ainsi va la vie…

Mireille
......................................................................
Comme tous les matins,  à huit heures trente, il ouvrit la porte de son bureau aux murs recouverts d’une peinture gris perle et s’arrêta quelques instants sur le seuil. Comme il faisait encore sombre, il appuya, à sa gauche, sur le bouton électrique. Une lumière blanche jaillit éclairant la pièce de reflets. D’un œil exercé, il en fit le tour pour vérifier qu’aucun détail n’attirait son attention et que le ménage avait bien été fait. Il regarda en face de lui, la fenêtre où perçait un jour blême et aperçut, sur l’extérieur, une minuscule araignée blottie dans l’embrasure. Il grimaça mais s’en désintéressa. Il se dirigea alors vers son porte-manteau. En passant, il posa sa serviette de cuir noir sur la table puis d’une main, il enleva posément son chapeau de feutre et l’accrocha. Ensuite, il se défit de son indémodable pardessus qui le protégeait si bien du froid et de l’humidité par ce jour automnal, et le pendit au deuxième crochet. Il alla tranquillement s’asseoir. D’un geste presque automatique, il passa le doigt dans la rainure de la table. Non, rien à dire, tout était net et propre comme il l’aimait. Il respira profondément de contentement.   Il ouvrit  le tiroir de droite et en sortit sa règle, sa gomme et ses crayons et qu’il plaça méthodiquement devant lui puis, dans celui de gauche, saisit la tirette, prit les clés et, comme chaque matin, ouvrit, une à une, les armoires de bois peint gris cendre. Il remarqua que celle qui jouxtait la fenêtre commençait légèrement à s’écailler au niveau des gonds. Il fit la moue. Cela le contrariait. Il le signalerait au service entretien. Puis, comme chaque matin, il parcourut des yeux, les dossiers suspendus et choisit celui qu’il allait étudier ce jour. Il l’enleva avec soin et revint à sa table. Il alluma son ordinateur. Sa journée commençait dans le silence. Mais pas pour longtemps ! A peine s’était-il assis, que le téléphone sonna.  Les coups de fil allaient succéder aux moments de travail. Constamment interrompu, mais il en avait l’habitude, il ne se départissait pas de son calme pour autant.
A dix heures, comme toujours à cette heure-là, il irait, pendant dix minutes, prendre un café avec ses collègues et glanait les informations sur la vie de l’entreprise. Puis jusqu’à midi, il reprendrait sa tâche. Cette activité lui plaisait car elle lui  apportait assurance en lui-même et sécurité. Il aimait le travail bien fait ! Et ainsi sa journée s’écoulerait comme tous les autres jours de labeur, dans la sérénité du devoir accompli.

Marie-Thérèse
................................................................................
Comme tous les matins, à huit heures trente, il ouvrit la porte de son bureau et surprise, il découvrit un capharnaüm épouvantable. Tout était sens dessus dessous. Ses livres, ses chers livres de contes et ses registres de comptes jetés à terre, gisaient froissés, déchiquetés, sur un sol jonchés de détritus. On voyait encore les traces des chaussures d'une grande pointure maculant la Belle au Bois dormant ! Il ne pouvait réprimer un serrement de mâchoire et un tremblement de tous ses membres. Mais pourquoi s'être acharné ainsi sur son travail et le loisir de se divertir entre deux reports de statistiques - il détendait ses jambes et son cerveau et se mettait à rêver à Alice aux pays des merveilles. Pourquoi lui faire cela à lui ? Et d'abord que cherchait-on ? Il avait beau se poser des questions, il ne trouvait pas de réponse. Il ne se souvenait pas d'avoir fait du mal à qui que ce soit et il ne comprenait absolument pas pourquoi tant d'acharnement et d'opiniâtreté dans un désir de nuisance gratuite. Pourquoi avoir agi ainsi avec tant de barbarie ? Pur acte de vandalisme que tout ceci dans un bureau ne payant pas de mine en soi. Il n'avait même pas de liquidités ! Encore moins d'objets d'arts, de tableaux ou autre outil informatique ou téléphonique. Ce quarante-cinq fillette vengeur a dû se défouler, explosant ici un meuble, réduisant ici une étagère en sciure de bois, balayant d'un revers de main une rangée entière de documents confidentiels pour finir par uriner dessus jusqu'à ce qu'un magma immonde apparaisse. Pourquoi tant de méchanceté ? Dans ce fatras inextinguible, ces traces de pas marquées au fer rouge étaient lourdes de signification et révélaient le tempérament du voleur. Il se prit à penser au film et au livre relatant l'histoire du pullover rouge et de ces fameuses preuves non cohérentes Les recherches adn n'existaient pas encore et le dossier s'était refermé emmenant un homme à la mort sans que l'on puisse révéler s'il s'agissait du véritable violeur et meurtrier.
On respirait là comme un vent de frustration et d'incohérence dans la façon de procéder et face à l’absence d’euros sonnants et trébuchants. Le voleur cherchait-il des comptes de clients ? Des chèques à déposer ? Ou un billet de loterie gagnant oublié sur un coin de bureau ? Avait-il besoin de bons pour payer ses courses au supermarché, car le lot réservé à cet effet avait disparu ? Il ne risquait pas d’aller loin avec ce petit pécule. Les bons étant nominatifs et de montants si faibles; que ça ne valait pas la peine de prendre autant de risques pour si peu de profit. Mais, pour des familles démunies, cela représentant une manne bienvenue. Il n'avait pas dû prendre le temps de lire les intitulés ou encore a-t-il été surpris dans ses recherches et s’était-il enfui en laissant la porte entrouverte juste suffisamment pour qu'on puisse imaginer que la femme de ménage y passait l'aspirateur !
Il faut que je demande à Maria. Mais non ! Elle est en vacances. Alors à Cécilia, la remplaçante. Il s'agit de savoir où elle pourrait bien se trouver ? Mais il n'avait pas son numéro de téléphone. Elle quittait le bureau avant son arrivée. Devant ses yeux passaient des scènes abominables, des visions de rapt, d’agression. Mais revenons à ce cambriolage qui aurait peut-être pu se transformer en vol à main armée ou séquestration avec ou sans préméditation ? Pris de sueurs froides, l'homme, les yeux fixes et le teint blafard, entendit des gémissements. Son regard se teinta de cet éclair ne trompant personne. Il se dirigea vers le cagibi et y découvrit Cécilia ligotée et portant un ruban de plastique autocollant sur ses lèvres. Elle roulait des yeux anxieux et se démenait comme une pauvre malheureuse. L'homme sortant de sa stupeur, la libèra de ses liens et du collant. Il l'aida ainsi à se relever. Il ne savait que dire, il finit par lui prendre la main. Elle tremblait elle aussi. Il chercha son portable et appela Police-Secours et les pompiers qui se rendirent sur place gyrophare et sirène en action se frayant un chemin dans la circulation routière dense. Après une visite à l'hôpital pour s'assurer que Cécilia ne présentait pas de traumatismes physiques, l'employée et l'employeur finirent par quitter le centre hospitalier pour se rendre au bureau de police voisin afin d'y témoigner. Ce qui représentait un vrai traumatisme. Une cellule de crise sur place les prit en charge en la personne d'une femme ayant reçu une formation spécifique afin d'aborder les victimes ayant subi des chocs émotionnels et psychologiques importants.
Il resta longtemps marqué par sa mésaventure et Cécilia cessa de travailler. Elle se consacra à ses enfants en ayant perdu énormément de poids. De ce jour rien ne fut plus comme avant et ils adoptèrent des comportements différents. LA CONFIANCE AYANT DISPARU, il faudra beaucoup de temps pour reprendre confiance en soi et en autrui. L'homme changea de profession et reprit un emploi de salarié. Son obsession : ne jamais se retrouver seul.

Claudine
...................................................................
Comme tous les matins,  à huit heures trente, il ouvrit la porte de son bureau.  Il avait brièvement salué ses employés avant de l’atteindre. Il aimait bien ce lieu au fond du couloir où il se sentait chez lui. Depuis qu’il avait obtenu ce poste, il travaillait à l’aise, dans le calme  sans que personne ou presque  ne vienne  l’interrompre. Ce n’était pas un de ces bureaux modernes, très clairs. Il n’aimait pas le moderne et il appréciait ce côté un peu vieillot de la pièce malgré les armoires métalliques. Mais aujourd’hui c’était l’automne ; il pleuvait, ce qui le mettait franchement de mauvaise humeur et il faisait encore sombre. Il poussa doucement la porte. Il n’était vraiment pas pressé d’entrer.
Bien qu’il sût où se trouvait le bouton électrique, il attendit quelques secondes avant d’appuyer dessus. Au moment où il allongeait le bras, un léger bruit l’interrompit. Il entendait de petits cri-cri-cri comme un grignotage. Se frottant les yeux et les écarquillant successivement, dans la demi-obscurité, il aperçut sur le sol, près de la lampe à pied, une mignonne petite souris qui se délectait de quelques miettes de je ne sais quoi, ou plutôt d’un morceau de feuille de papier. Il n’en revenait pas. Pourtant, la femme de ménage avait déjà dû passer ! Que venait faire cette petite souris, à cette heure si  matinale, pour elle ? Il se le demandait bien et de la voir là, minuscule, grignotant à toute vitesse, sa mauvaise humeur disparut d’un seul coup. Aller savoir pourquoi, de la regarder, si mignonne, agitant sa queue, cela lui avait donné envie de chanter. Réminiscence d’une comptine de son enfance ? Il ne savait plus mais du coup, il referma tout doucement la porte et contourna le bureau afin de ne pas la déranger. Il hésitait encore à allumer la lampe car bien sûr, la lumière la ferait fuir immédiatement mais il ne pouvait rester là dans le noir à attendre. Les employés l’avaient vu passer et se seraient posé des questions ! Il se résolut à faire un pas pour faire craquer le plancher et d’un geste rapide, il saisit l’interrupteur. La lumière jaillit. Affolée, la petite bête s’enfuit vers le mur mais elle ne semblait pas retrouver son trou. Elle courut  jusqu’au fond du bureau puis toujours aussi vite, revint sur ses pas pour atteindre l’autre extrémité. Elle recommença une deuxième fois. Lui, s’était assis tranquillement et confortablement. Il continuait à suivre son manège, amusé de la sentir aussi apeurée.
Soudain, sans que rien ne présage de sa trajectoire, elle traversa la pièce, passa sous son fauteuil et s’évanouit dans l’angle opposé comme absorbée par les pierres. Il regretta sa disparition trop rapide.
Il sortit alors son dossier et se mit au travail. Puis il appela un de ses employés.
Curieusement, cette visite impromptue de cette petite souris l’avait vraiment mis de bonne humeur et il sentait en lui comme une joie intérieure. Il avait du mal à comprendre pourquoi mais ce qui est sûr, c’est que sa journée se déroula sans encombre.
Quand le soir venu, il referma la porte de son bureau, il  avait vraiment bien avancé dans sa tâche !

Marie-Thérèse




Aucun commentaire: