samedi 14 septembre 2019

LOGORALLYES IMPROMPTUS

REGRET – MARMAILLE – WEEK-END – ESSENTIEL – VENTILATEUR – EXPIRER
Quel regret d'avoir du emmener la marmaille en week-end mais à ses yeux il était essentiel qu'eux aussi profite de l'air pur. La grosse chaleur par contre n'était pas prévue au programme et il fallait donc supporter le ronronnement du ventilateur, sous peine d'expirer.
P.

BULLDOZER – VITRINE – ENCHANTER – FIGURINE – ONGLE – DESESPOIR
Avec le bruit du bulldozer qui ne l’enchantait pas et la vibration, les figurines dansaient dans la vitrine. De désespoir, elle ferma la fenêtre et se cassa un ongle.
M-T

IMAGE – MOLLEMENT – ANNONCER – GUITARISTE – CHAGRIN – VERT
Sur l’image, on voyait un guitariste à l’air chagrin, mollement allongé sur un tapis vert ; derrière, le ciel annonçait la pluie.
F.

PAUPIÈRE – CONCERT – IMMOBILE – TRICHER – ÉPAGNEUL – BIGOUDI
Paupières closes, elle se tenait immobile, son épagneul à ses pieds, en attendant que les bigoudis la rendent présentable pour le concert. Mais impossible de tricher ! Quand on a le cheveu mou, on a le cheveu mou.
L.

samedi 7 septembre 2019

PLUS JAMAIS CA !

Par cette journée caniculaire, assis sous les marronniers, les conversations allaient bon train dans ce petit groupe d’amis d’enfance. Le projet de  pique-nique les avait réunis après tant d’années de séparation. Ils étaient heureux de se revoir, se racontant l’un, l’autre.  Certains, encore assis, finissaient de manger tandis que  d’autres s’étaient nonchalamment étendus sur l’herbe, écoutant Philippe, spéléologue chevronné, racontant sa dernière expédition à la Grotte du Diable, aux Philippines.
Chloé était venue avec Frédéric, son compagnon. Elle ne les connaissait pas mais il lui en avait souvent parlé. Tous pratiquaient un sport.  Dominique et sa compagne, Marine, s’entrainaient à l’escalade dans le Vercors et  Thierry tout comme Bernadette s’adonnait au deltaplane... Eux n’étaient pas en reste, occupant leurs loisirs, à la natation ou au canoé-kayak. Aussi, quand  entre rires et blagues, Marine proposa de se retrouver un mois plus tard pour survoler ensemble les châteaux de la Loire en montgolfière, tous acquiescèrent avec enthousiasme. Chloé se garda bien de répondre. Pourquoi Philippe s’en rendit-il compte ?  Aussitôt, il lui lança :
 « -Tu seras des nôtres, bien sûr ! ».
 Elle regarda Frédéric et n’osa pas avouer qu’elle avait une phobie du vide. Déjà, regarder le paysage en haut d’une tour la mettait très mal à l’aise et elle ne s’approchait guère du bord. Elle ne participait pas non plus à certaines randonnées en montagne où il fallait marcher sur des sentiers étroits souvent le long d’une crevasse. Une première expérience l’avait rendue malade aussi toute envolée dans les airs ne la tentait guère.
Les jours suivants, elle essaya d’expliquer à Frédéric qu’elle ne pourrait faire cette excursion avec eux. Mais il la rassura et finit par la convaincre que, tous ensemble,  dans la nacelle, elle ne risquait rien et qu’il lui suffirait de regarder au loin. Elle finit par penser que sa peur était stupide.
Le grand jour arriva enfin.  Chloé embarqua dans la nacelle, et dès le décollage, sentit l’angoisse monter en elle. Elle se colla contre Frédéric et très vite, ferma les yeux. Mais rien n’y fit. Le mouvement du ballon, poussé par le vent,  lui donna le vertige et bientôt la nausée puis elle devint toute pâle. Très vite, l’aérostier se rendit compte de son mal-être et la fit s’asseoir sur le plancher. Coincée entre les jambes des participants, elle se sentait ridicule mais elle était soulagée, elle ne voyait plus le vide. Elle commença à se détendre. Elle ne vit ni les châteaux ni les manoirs ni les abbayes émaillant les bords de la Loire. Elle se contenta d’entendre les cris d’émerveillement de ses compagnons.
Recroquevillée, elle attendit patiemment qu’au bout d’une heure, la montgolfière débarqua ses passagers. C’est, la tête vide, toute honteuse et en titubant qu’elle descendit à son tour pour participer au toast des aérostiers. Chloé comprit, si toutefois elle en avait douté,  que ni les sports aériens ni  les excursions dans les airs n’étaient pour elle et elle jura en son for intérieur : « Plus jamais ça ! »

Marie-Thérèse
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De plus en plus j'aime voir de la gaieté autour de moi, la clarté aussi, le soleil, le ciel bleu, tout ce qui est positif. J'aime la chaleur que je supporte bien, et c'est bien l'été qui m'apporte tout ça, du moins quand la saison est belle. Les jours s'allongent, pour moi la journée est bien plus intéressante que la nuit qui est un temps réservé au sommeil, et donc au néant. L'été j'ai envie de vivre plus intensément, alors que l'hiver j'ai l'impression d'hiberner ; je suis moins disposée à sortir, le soir je me presse pour rentrer chez moi car avec la nuit qui tombe tôt, j'ai toujours l'impression d'être en retard. En un mot, j'ai l’impression de vivre au ralenti pendant cette saison, dite mauvaise à juste titre.
Cette année le beau temps a été long à venir, le printemps n'a pas été fameux, on avait l'impression qu'on ne sortirait jamais de la grisaille de l'hiver. Mais quand la chaleur est enfin arrivée, c'était bien trop fort, c'était la canicule et à deux reprises. Au lieu de profiter des extérieurs dans un cadre champêtre, il fallait alors fermer fenêtres et volets, vivre dans le noir, tous les moyens étaient bons pour conserver tant bien que mal un intérieur respirable.

vendredi 30 août 2019

ECRIRE AVEC LE COEUR

écrire un texte qui comprendra le maximum d'expression contenant le mot "coeur"
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Henriette eut un haut le cœur en repensant à ce rosbif qui n’était même pas cuit à cœur. Elle avait beau ravaler sa salive, elle n’en avait pas moins le cœur au bord des lèvres. Il faut dire qu’il fallait avoir le cœur bien accroché pour absorber cette viande sanguinolente. Elle essaya de porter ses pensées sur autre chose, Rodrigue, par exemple, son dernier petit ami, qui paraissait-il était un véritable bourreau des cœurs. Elle se mit à chuchoter « Rodrigue as-tu du cœur ? » Pour en avoir le cœur net elle mènerait sa petite enquête. Après de deux choses l’une, soit elle aurait le cœur  léger et à cette idée son cœur se mit à battre la chamade, soit elle en aurait gros sur le cœur et cela lui serait bien plus douloureux qu’un simple pincement au cœur. Saurait-elle alors faire contre mauvaise fortune bon cœur, ou aurait-elle définitivement le cœur brisé ? Elle que ses amis taxaient de  cœur d’artichaut se demandait si elle serait une fois de plus un cœur à prendre, ou bien trouverait-elle un homme de cœur qui saurait la séduire ? Elle changea de nouveau de registre et pensa à son travail. Aider les autres c’était son cœur de métier d’infirmière en cardiologie. Elle avait toujours la main sur le cœur ou le cœur sur la main. Elle était jolie comme un cœur dans
sa petite blouse blanche sous laquelle elle ne portait qu’un cœur croisé de Playtex. Elle se coiffait le matin en se faisant quelques accroche-cœurs  tout en se récitant par cœur la procédure d’intervention d’une opération à cœur ouvert. Ensuite elle partait de bon cœur à son travail et mettait tout son cœur à l’ouvrage et là elle ne pensait plus à Rodrigue, loin des yeux loin du cœur, même si elle le portait dans son cœur. Elle riait  à cœur joie aux facéties de ses collègues. Mais les compliments de ses patients lui allait droit au cœur, elle était très appréciée de ces derniers car elle n’effectuait jamais sa tâche à contrecœur, aussi quand l’un d’eux lui faisait un présent elle l’acceptait de bon cœur et repartait de la chambre en le serrant sur son cœur. Certains la taquinaient quand elle prenait la tension ou posait une perfusion en lui disant qu’elle avait les doigts glacés et invariablement elle leur répondait « à mains froides, cœur chaud ». Elle faisait son ouvrage de gaieté de cœur même les tâches les plus rebutantes ou il fallait avoir du cœur  au ventre car elle se disait « à cœur vaillant, rien d’impossible ».

Fabienne
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Se prenait-il pour un bourreau des cœurs quand, la bouche en cœur, Gaétan tentait maladroitement de  prendre un cœur en susurrant à l’oreille : « mon petit cœur » ou en chantonnant à la belle espérée, cet air d’opérette : « si ton cœur aime mon cœur comme mon cœur aime ton cœur,[… ]nos petits cœurs ne feront qu’un seul cœur » mais en réalité,  ce n’était pas le cri du cœur.  Il avait surtout, disait-on, un cœur d’artichaut.  Toute approche se soldait par un échec. Il apparentait un cœur léger et ne semblait pas s’en soucier. Cela fendait le cœur de  Marie, persuadée que ce n’était là qu’une fausse attitude. Certains prétendaient au contraire,  le connaitre par cœur et   disaient  de lui qu’il avait un cœur de pierre.  Ces sans-coeur se moquaient de lui et s’en donnaient à cœur joie, le raillant sans cesse, le traitant parfois de mendiant, en lui chantant : « A votre bon cœur, messieurs, dames. »
 A Marie, cela lui mettait le cœur au bord des lèvres même s’il tentait toujours de faire contre mauvaise fortune,  bon cœur, ayant le cœur bien accroché et prêt à résister aux sarcasmes.
Pourtant, un jour, une grossière plaisanterie alla trop loin.  Il en eut  trop gros sur le cœur.  Dégoûté, il quitta les lieux,  la rage au cœur et ne revint plus.  Marie en fut frappée au cœur et décida d’en avoir le cœur net.  Il faut dire que  son cœur battait un peu pour lui. Comme à cœur vaillant, rien d’impossible,   quelques jours plus tard, un peu à contre-cœur,- ce n’était pas dans ses habitudes – elle eut  le  cœur au ventre et le chercha  dans son quartier hors du cœur de la ville. Il lui tenait à cœur de lui parler à cœur ouvert. Son cœur battait bien la chamade mais La gardienne qui la renseigna, ne manqua pas de lui dire combien il avait un cœur d’or, toujours le cœur sur la main, ne manquant pas de cœur à l’ouvrage pour aider ses voisins.  Quand il lui ouvrit sa porte, il fut stupéfait et lui arracha un cri du cœur. Sa venue lui alla droit au cœur et il ne tarda pas à lui ouvrir son cœur. Marie lui avait pris son cœur mais il n’aurait jamais osé le lui dire et, comme loin des yeux, loin du cœur, il ne pensait pas la revoir mais elle était là ! Il n’avait plus le cœur serré et elle n’avait plus mal au cœur. Hors du contexte guindé où ils se voyaient  habituellement, ils s’étaient  trouvés. Et c’est ainsi qu’ensemble ils ouvrirent un petit restaurant : « A tout cœur », où tout était cuit à point, non cuit à cœur !...

Marie-Thérèse
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De cœur à cœur : Giacomo Girolomo Casanova n'est plus un cœur à prendre. Mais pour rentrer au cœur du problème si on veut prendre les choses à cœur sans avoir le cœur à marée basse et en y mettant tout son cœur, sans pour cela avoir le cœur sur la main et un cœur d’artichaut : cœurs de laitues ou de lotus ?!
Casanova a brisé plus d’un cœur ! Un vrai séducteur ! Oui ! Bourreau des cœurs qui fait
le joli cœur : 122 femmes frappées en plein cœur ! Un prédateur ! Il s’agissait de dire qu’il les travaillait à cœur !  Casanova qui n’était pourtant pas très beau : mais a transpercé le cœur ; fait chavirer le cœur des jouvencelles qui ont eu l’imprudence de lui donner leur cœur. Encore faut-il mettre du cœur à l’ouvrage, le cœur battant la chamade : oui ! Battant à rompre ! En se rendant non à contrecœur  à un de ces rendez-vous galants en tombant sous le charme d’un cœur de pierre  « hercule au teint africain, mais aux yeux vifs pleins d’esprit… ». Fût-il que je relate et récite par cœur les dires de certains historiens…pour espérer être crue sans avoir le cœur serré ou le cœur gros  comme ses dames qui le cœur léger  s’en allait vers le purgatoire ? L’homme au cœur de marbre pouvait « faire rire sans rire pour autant » et percé à cœur  par quelques personnes de son siècle fort observatrices : il s’avérait « méchant, teigneux et détestable ». Au moins il s’agissait de le remercier du fond du cœur ou contre mauvaise fortune sourire : avoir encore du cœur ? Toujours est-il que ça fend le cœur et plus d’une femme peut encore avoir le cœur au bord des lèvres Et j’imagine il a eu une descendance prolifique sans être mormon pour autant ! Cette histoire est malheureusement toujours d’actualité !

samedi 20 juillet 2019

ECOLE DE FILLES - ECOLE DE GARCONS

Je suis rentrée au CP en 1955 dans une école de montagne pyrénéenne : nous étions quatre : Yvette, Edmonde, Daniel et moi-même. Les cours se déroulaient au rez-de-chaussée d'une petite maison. Yvette et moi venions d'un hameau isolé : Miramont : nous parcourions huit kilomètres par jour, Edmonde et Daniel dont la sœur plus âgée avait quitté l'école pour travailler à Toulouse comme "bonne", habitaient sur place, à Arrous. La mixité n'a jamais été un problème, nous n'y pensions pas, nous étions plus tourmentés par la fermeture prochaine de l'école et nous aidions nos parents respectifs dans leurs rudes travaux agricoles. J'étais assez peu scolarisée : à l'automne il fallait aider les parents à faire les regains, faire du bois de chauffage, rentrer les pommes de terre, etc ... en hiver la neige était trop haute et je ne pouvais me déplacer par les chemins de terre non déneigés et puis j'étais souvent malade. Je vivais une vie immédiate mais l'école était un paradis pour moi : on s'occupait de nous ; nous étions en sécurité.
Je suivis donc le CM2 au chef-lieu de canton à Oust, là aussi une seule classe avec les différents niveaux du CP au CM2 était dirigée par un maître qui avait en charge un peu plus de vingt élèves garçons et filles de l'enseignement public : aucun fronton de ces écoles ne mentionnait ECOLE DE GARCONS ou ECOLE DE FILLES. Ces localités étaient dépeuplées : des familles entières ayant émigré à New York. 
Puis je partis sous d'autres cieux et me retrouvais à Nay, dans les Pyrénées Atlantiques, dans un lycée d'Etat mixte où nous étions quarante élèves par classe : la mixité nous trouvions cela normal au quotidien ; cependant il faut reconnaître que la discrimination venait d'ailleurs : les familles aisées promettaient leur progéniture à un brillant avenir ; certaines professions également étaient plutôt réservées aux garçons ou aux filles aussi bien pour les carrières prestigieuses que modestes. L'ère du mépris, des différences matérielles, commençait, que j'essayais de combler par l'intellect pour surmonter ces obstacles.
Je me souviens de la promenade dominicale des internes du petit séminaire sous la férule des abbés en soutane : les riverains aux fenêtres se mettaient à croasser ! Quelle horreur !Je suppose qu'il n'en eût pas été de même s'ils avaient vu passer de belles demoiselles !
J'entrais enfin à l'Université ; certaines filières convenaient plus aux hommes qu'aux femmes : il y avait certainement des différences mais l'objectif était de réussir pour gagner son pain.
Enfin quand j'ai enseigné tout au long de mes quarante-deux ans de carrière j'ai toujours eu affaire à un public tant masculin que féminin. Et là j'ai senti parfois les heurts de la discrimination du harcèlement...des clans exacerbés par les réseaux sociaux, les marques de vêtements quand l'emballage prévaut ; mais, pour ne pas noircir le tableau je puis dire que souvent une bonne entente régnait grâce au respect et à la tolérance, aux vraies valeurs fondamentales.

Marie-Christine
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Je n’ai connu la mixité pendant toutes mes études qu’au jardin d’enfants où nous allions petits. C'est-à-dire de 3à 5 ans. Je me rappelle, c’est là que j’ai eu mon premier amoureux, Philippe E., il portait des grosses chaussures montantes car il avait eu la polio tout petit et marchait en boitant. Sur les photos de fêtes de fin d’année, je nous revois en tenues folkloriques tout fiers que nous étions d’être au bras l’un de l’autre. C’était un beau petit blond aux yeux bleus et quand par hasard il était puni je me faisais punir moi aussi pour le rejoindre et vice versa. Je me trouve jolie fillette sur les photos. Je disais donc qu’hormis à cette période je n’ai pas connu la mixité dans tout mon cursus scolaire. L’école primaire était une école de filles, tenue par une directrice avec des institutrices dans toutes les matières, chant et gymnastique compris. Je suppose que l’école de garçons était dirigée par un directeur, avec des enseignants de type masculin.

samedi 13 juillet 2019

5 INCIPITS

Ecrire des textes en commençant obligatoirement par les propositions suivantes : 


1-En rangeant les cartons qui s’empilaient au grenier, elle retrouva ce très vieux jouet…
2-Le vacarme ne faisait qu’augmenter…
3-De rien, lui dit-elle, à charge de revanche…
4-Quand nous partions en vacances en voiture, je me souviens que nous nous arrêtions sur la route pour nettoyer le pare-brise constellé d’insectes…
5-Toute à la joie de préparer sa tarte, elle n’entendit pas le téléphone…
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En rangeant les cartons qui s’empilaient au grenier, elle retrouva ce très vieux jouet… Jacqueline le redécouvrit avec émotion parmi d’autres jouets qu’avaient chéris ses enfants. Comment étaient-ils venus là bien tranquilles derrière ces cartons ? Lentement une fine poussière grise s’était déposée au fil des ans. On avait respecté leur alignement qui lui sautait maintenant à la figure. Jacqueline revoyait sa petite fille jouant à la maitresse d’école avec son petit frère et leurs o=jouets préférés figurant les autres élèves de la classe : gros nounours et son teddybear dans les bras, ainsi que deux poupées dormantes aux cheveux nattés et à queue de cheval, main dans la main. Tout ce petit monde était censé écouter la maitresse avec beaucoup d’attention… Et Jacqueline, tout en utilisant le chiffon à poussière, voyait défiler ce petit monde à travers l’appartement d’alors. Comme les années précédentes, elle entreprit soigneusement la toilette : brossage puis entretien des corps et des petits vêtements… un bouton à recoudre par ci, un peu de colle par-là, une veste et une culotte à lessiver. Le rhabillage viendrait plus tard. Cette découverte faisait revenir à la surface d’autres aspects de la vie de famille d’alors et Jacquelin n’aimait pas trop cela… Allait-elle conserver éternellement ce petit musée touchant mais intempestif ? Elle verrait cela plus tard, avec les enfants devenus adultes. Le hasard mit fin rapidement à cette interrogation. L’ex-petit garçon devenu grand, un jour qu’il était de passage, s’arrêta devant les ours en peluche, cherchant leurs noms, qu’il avait oubliés… La raison ménagère l’avait emporté : Jacqueline alors décida de dégager le toit de l’armoire du grenier.

Françoise

En rangeant les cartons qui s'empilaient au grenier, elle retrouva ce très vieux jouet... L'été 2015 fut chaud pour Denise : un voisin indélicat, voulant s'approprier le grenier communautaire, le squatta entièrement, ensevelissant du même coup tous les cartons de Denise qui dut lui faire une mise en demeure et faire établir un devis par une entreprise de débarras. L'individu préféra s'exécuter et retira trois mètres cubes d'encombrants de dessous les combles. Denise vit sa cantine vert foncé refaire surface ; elle contenait tous les trésors de sa fille.