vendredi 16 mars 2012

LOGORALLYE 2

Ecrire un texte comportant les mots : champagne, fillette, chapeau de paille, trébucher, un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, hoquet, crayère, argenterie, se souvenir, fadaises.

.....................................................................


Elle doit se souvenir cette jeune femme, de sa sortie plus que remarquée des caves Mercier.
Les bouteilles en attente pour la vente, sont entreposées dans une ancienne crayère. Elles sont conservées ainsi, à la température et au taux d'hygrométrie adéquate.
Puis, elle se rend dans la salle de dégustation... Elle ne peut résister de tremper ses lèvres dans les jolies bulles blondes d'une coupe de champagne brut d'une année d'âge. Devant les yeux interloqués de sa fillette, venue la rejoindre, elle est prise d'un hoquet irrépréhensible, impossible d'en venir à bout ! Une femme, située près d'elle et qui  porte un beau chapeau de paille lui propose d'un ton badin un autre verre de champagne, alors qu'elle ne supporte pas d’en boire plus d'une gorgée, pour lui faire passer ce hoquet...
La jeune femme prise au dépourvu, s'étrangle de surprise, incapable de maîtriser ses mouvements, esquisse un pas incontrôlé sur le côté, trébuche contre quelque chose qui ressemblerait à de la craie pour terminer par se rattraper sur le rebord d'une armoire contenant de l'argenterie. La pauvre, elle a du se faire mal...
La dame au chapeau voulant bien faire, l'attrape par la manche et s'inquiète de son état :

-          Ca va ? lui demande-t-elle.
La jeune femme, ma foi un peu éméchée, arrive à articuler péniblement d’une voix entrecoupée de hoquets :
-         Un tiens vaut que deux tu l'auras.
La dame, ne jugeant pas utile de continuer ce genre de conversation vu l'incongruité de la réponse, regarde la jeune femme d'un air surpris et quelque peu choqué. Elle semble considérer ce genre de propos comme des fadaises et tourne les talons pour s'éloigner dignement.

Claudine
................................................................

Il faisait chaud cet après-midi de mai. Nous étions venus dans la ville de Reims afin de nous documenter sur la fabrication du champagne.
Charly comme à son habitude débitait des fadaises. Nous parlions de notre dernière visite qui datait déjà, nous nous étions rendus à la cathédrale. On essayait de se souvenir de l’année.


Cendrine était fillette à cette époque, elle était vêtue d’une jolie robe de satin bleu et coiffée d’un grand chapeau de paille, elle nous avait fait beaucoup rire avec son hoquet qui n’en finissait pas.
Arrivés à destination, nous sommes descendus dans les crayères, la fraîcheur y était agréable. Nous avons tout appris sur la fabrication de ce délicieux breuvage. Je fus la première à qui l’on proposa une coupe. Voyant que j’hésitais à la prendre, Charly s’en saisit et me dit : « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ». Ce qui fit rire l’assemblée. Après avoir bu trois coupes, Léa trébucha et se rattrapa à un grand fût. En repartant chercher la voiture, nous avons contemplé la vitrine d’une boutique qui présentait de belles pièces d’argenterie.
En rentrant à Paris, nous étions heureux de cette belle journée passée ensemble.

Mireille

.......................................................................


Toute sa vie, elle allait se souvenir du mariage de sa meilleure amie l’été dernier. Elles se connaissaient depuis la petite école et se fréquentaient régulièrement, bien qu’issues de milieux différents. Les parents de Catherine occupaient une position assez modeste tandis que ceux de Marie possédaient un grand restaurant et habitaient dans une très belle maison entourée d’un vaste jardin. Catherine, toujours bien reçue dans cette famille, était la confidente de Marie. Celle-ci lui avait confié son désir ardent de se marier et d’avoir des enfants. Le problème était que l’élu de son cœur n’avait pas l’air pressé et reculait carrément à l’idée de fonder une famille. Cela durait depuis au moins deux ans, alors, lassée d’attendre, et se disant qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, elle avait accepté de prendre pour époux celui qui réalisait immédiatement son rêve de mariage.
Ce fut un grand jour et les parents de Marie avaient bien fait les choses. Au sortir de la cérémonie où Marie, superbe dans sa robe blanche, avait été très applaudie, les gens se sont rassemblés sous une grande tente dressée dans le jardin où la table était mise. On avait sorti la porcelaine fine et l’argenterie. En attendant le repas les invités conversaient, en débitant probablement les fadaises de circonstances. Que de jolies toilettes pour les dames ! Robes de mousseline légère et chapeaux de paille, tandis que les hommes arboraient cravate ou nœud papillon. Les enfants, nombreux, s’amusaient à se poursuivre, les amenant parfois à trébucher. Une fillette, entre autres, s’était ouvert le genou en tombant sur une pierre, pleurant à gros sanglots et hoquets. Quelques sucreries l’ont bien vite consolée.
Accompagnant le festin, les vins et le champagne étaient de qualité. Il faut dire que les parents de Marie, pour le prestige de leur entreprise, possédaient dans un lieu creusé dans une crayère assurant une température et une hydrométrie constante, une cave pleine de grands crus qui faisaient leur fierté.
Le soleil ayant été de la partie toute la journée, tout fut parfait si ce n’est un brin de nostalgie dans les yeux de la mariée.

Colette

...................................................................................





Pour le mariage de sa dernière fille, le châtelain du village a organisé une grande fête champêtre dans le parc du château pour tous les villageois alentour, avec buffet, buvette, jeux de plein air, etc. Une bande de fillettes, toutes coiffées de chapeaux de paille, se dirige en dansant  et sautillant sur la route du château. Soudain, l’une d’elles trébuche sur une grosse pierre et tombe. Heureusement ce n’est rien, quelques égratignures au genou… « Eh bien, Marion, su tu titubes déjà, qu’est-ce que ça sera à la fin de la journée ? »
Les langues vont bon train dans ce groupe de jeunes. Que de fadaises circulent dans leurs propos ! Adeline déclare « A la dernière fête de la Saint-Jean, j’ai rencontré un garçon du bourg, il m’a dit qu’il viendrait au pique-nique de la noce et me ferait danser… »
-          Et tu y crois pauvre innocente ! les garçons promettent toujours mais oublient vite ;
-          Vous avez de la chance de recevoir de telles promesses. Moi, jamais un garçon ne m’a fait miroiter quoi que ce soit, répond Sylvie.
-          Evidemment, tu es trop maigre et les hommes préfèrent les grosses, c’est sûr, réplique Manon.
-          Puis, avec toute l’argenterie que tu portes autour du cou et des bras, ils ne peuvent même pas te toucher, ironise Lucette, alors tu ne les intéresses pas.
Les cloches de l’église carillonnent la fin de la cérémonie. « Dépêchons-nous au lieu de discuter. Si nous arrivons dans les premières, nous pourrons chiper au passage quelques gâteaux sur les tables »
-          Tu as raison, répliquent les autres, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras !
La voiture enrubannée de la mariée franchit la grille d’entrée sous les cris de « Vive la mariée ! » et d’une pluie de pétales de fleurs de toutes les couleurs.
Tandis que le cortège nuptial se dirige vers le château où le champagne coule à flots, les jeunes se rendent aux stands de jeu ou, de préférence, vers le buffet. Certains gloutons se goinfrent de gâteaux salés, sucrés, à en avoir le hoquet. D’autres cherchent les crayères.
Des groupes se retrouvent, d’autres se séparent, courent vers le chamboule-tout, la course en sacs, la pêche à la ligne. Les heures passent à jouer, bavarder, danser au son de l’accordéon entre copains et copines… Le soir descend petit à petit, chaque groupe se reforme. Sur la route du retour, les jambes et les langues sont moins alertes qu’à l’aller, mais tous se souviendront du mariage de la dernière fille du châtelain !

Christiane

................................................................................


J’ai passé quelques belles journées chez des amis dans le département 77. Ils avaient un grand jardin, deux majestueux noyers qui donnaient beaucoup de fruits, des cerisiers et un potager. Sur ce terrain se trouvait le chalet qu’ils occupaient et près de l’entrée, la maison du propriétaire qui avait tout mis en viager.
L’après-midi, il sommeillait assis sur un grand fauteuil d’osier, son chapeau de paille retombait sur ses yeux. Il se réveillait lentement ; ses premiers pas le faisaient trébucher et ses phrases n’étaient que fadaises, alors, sans doute pour se réveiller il demandait à ce qu’on aille lui chercher du champagne. Et il ne manquait pas dans la cave. Il était très généreux et nous offrait toujours un très bon repas bien arrosé au cours duquel il insistait souvent pour je lui rachète l’argenterie qu’affectionnait sa femme décédée et dont il ne voulait plus. Après le dîner, il était pris d’un hoquet qui persistait parfois toute la soirée.
Un jour, quelle surprise ! Au jardin, il vint vers nous avec un paquet d’enveloppes à la main et nous dit : « Voilà, pour trouver une compagne j’ai fait passer une annonce dans un journal ». Il avait précisé sa situation financière et que de réponses ! Le dimanche suivant nous le rejoignîmes alors qu’il était attablé au jardin avec une femme inconnue, tous deux buvant du vin rosé, une fillette de vin d’Anjou. Elle venait d’un pays de crayères au sol moins généreux que celui d’ici. Elle était visiblement ravie d’être là et grâce à elle disparaissait de l’esprit de  notre ami, le souvenir de sa femme. Au bout d’un an, il s’est mis à maigrir, se nourrissait peu, n’aimait plus conduire la voiture comme avant et faisait des séjours réguliers à l’hôpital. Elle l’aidait. Il lui avait fait une procuration sur ses comptes ainsi elle pouvait se rendre à la banque sans lui. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras et petit à petit, elle vida la maison. Elle fut rapidement délivrée du « généreux monsieur » et hérita de tous ses biens. Elle s’en fut lors acheter une autre maison dans une ville où elle était inconnue et agit avec prétention auprès des voisins, se prenant pour une châtelaine.
Voilà comment une annonce peut rendre riche.
Elle profita bien de tout ce que possédait notre ami et même sa sépulture ne lui coûta rien : il fut inhumé dans le caveau familial où reposait déjà sa femme.
Des années plus tard, avec une amie nous décidâmes d’aller fleurir sa tombe et découvrîmes que son nom ne figurait pas, elle n’avait même pas dépensé un sou pour le faire graver.

Rose


Aucun commentaire: