Pour les vacances de fin d'années, c'est quartier libre. Ecrivez, si le coeur vous en dit et partagez avec nous une histoire, une anecdote, un conte...SOPHIE
C'est l'histoire d'une toute petite bonne femme haute comme trois pommes de reinette.
Cela fait déjà un bout de temps qu'elle a pris le centre-ville de Gentilly comme résidence principale.
C'est l'histoire d'une toute petite bonne femme haute comme trois pommes de reinette.
Cela fait déjà un bout de temps qu'elle a pris le centre-ville de Gentilly comme résidence principale.
Du bout de sa canne, elle martèle dangereusement le bitume du trottoir, en direction des malveillants, ceux-là mêmes, ces petits trognons, pour ne pas dire autre chose.qui se moquent ouvertement d'elle… mais à bonne distance !
Elle plisse les yeux, derrière ses lunettes, mauvais signe. Elle n'a plus vingt ans, cinquante deux ans en juillet.
Ses joues se parcheminent : de multiples ridules cernent sa bouche qui se déforme soudain en laissant éclater son exaspération. Devant la violence des propos, la nuée de galopins prennent leurs jambes à leur cou et, pas besoin de course à l'échalote, la rue retrouve son calme.
Pas pour longtemps…
Sophie, c'est son nom, vit dans la rue depuis longtemps. C’est une enfant du cirque. Elle dansait et effectuait des arabesques, des sauts et des cabrioles sur le dos des chevaux dans un grand cirque. Suite à une mésentente familiale, elle a perdu son emploi. En a-t-elle cherché et trouvé un autre ? Je l'ignore.
Sophie aime la musique classique, romantique. Elle aime chanter, mais sa voix quelque peu éraillée n'a plus la belle tonalité de ses jeunes années.
Elle écoute encore de la musique, malheureusement, elle ne peut plus danser : son corps a subi les excès de la vie et du temps qui passe inexorablement.
Sophie, somnolente ou vociférante oublie son passé et son présent dans les vapeurs du blanc de blanc, son fidèle compagnon d'infortune. Il est toujours là pour la réconforter et la réchauffer même les jours de grands froids, quand elle cherche un banc pour s’asseoir dans la laverie... Elle y met le dawa !
Oh ! Sophie, que tu as une belle voix ! Ai-je envie de lui dire.
- Mais pourquoi, cries-tu comme ca ?
Le vingt-cinq décembre, jour de Noel, devant la laverie, elle se trouve là, campée sur sa canne, l'œil venimeux, et le verbe haut.





