mercredi 29 août 2012

PORTRAIT


Nicole, je crois bien la connaître. C’est ma sœur. Elle est l’aînée, et si dans notre enfance elle était plus grande que moi, aujourd’hui c’est tout le contraire.
Ce qui gouverne sa vie : la hantise de prendre du poids, conserver un peu de sa jeunesse. Extrêmement coquette, elle aime choisir des vêtements jeunes qui flattent sa silhouette menue. Elle porte les cheveux très courts, couleur cassis, lui permettant de se couvrir le chef de chapeaux ou casquettes qu’elle a en quantité, de toutes formes et de toutes couleurs, pour l’hiver ou l’été, et cela lui va à merveille. Autre caractéristique : les bijoux fantaisie. Là aussi, il y a abondance ! Deux voire trois colliers superposés pour rappeler les couleurs bariolées de certains pulls ou tee-shirts, plusieurs bracelets à chaque bras, et bien sûr des boucles d’oreilles sans lesquelles elle se sentirait toute nue.
Si vous croisez dans la rue une petite personne marchant un peu penchée en avant, un chapeau de saison sur la tête et chantonnant sans arrêt, c’est elle.
Elle a gardé un côté enfantin, s’amusant à frôler les boutiques pour en ouvrir sur son passage les portes automatiques, garnissant son lit de peluches, ce qui oblige son mari à « virer tout ça » d’un haussement d’épaules avant de se coucher. Qu’à cela ne tienne, le lendemain, elles reprennent place.

mardi 10 juillet 2012

LES VEGETAUX ONT DU CARACTERE !


Topinambour de janvier ne fait que ce qui lui plaît !
Ses pieds enterrés profondément dans le sol, il n'aspire qu'à profiter de la lumière et fièrement comme Artaban, élance ses pouces vers le ciel, tout en tenant à distance convenable tout ce qui pourrait lui faire ombrage. Gare aux imposteurs, aux curieux et aux gêneurs ! Il va s'octroyer tout l'espace disponible pour étaler son vert feuillage et briller de toute sa rancœur.


Oignon de février nous pique de sa pulpe nacrée.
Profondément enfoui, il attend le moment opportun pour bien prendre racine, se nourrir de cette bonne terre nourricière et grossir jusqu'à s'épanouir pleinement. Près des tomates et du romarin, il se sent bien ! Viendra le jour où sa tige s'érigera comme une tour Effel, aux multiples fleurettes en son sommet et il dominera le potager tout en disséminant ses pensées au gré du vent et de l'instant.

samedi 23 juin 2012

PETITE CHRONIQUE BULGARE

La cathédrale de Varna









D'un séjour à Varna, en Bulgarie, l'une des particpantes à l'atelier est revenue avec des images plein la tête, des souvenirs en veux-tu en voilà, et un petit texte pour nous les faire partager.













Quitter Paris de bon matin accompagné par un soleil magnifique, survoler les Alpes où scintillent lacs et crêtes enneigés.
Quelques heures et c’est l’arrivée à Varna, sous la pluie. Varna doit être une belle ville sous le soleil : grandes et larges voies, nombreuses églises, monastères, beaucoup de terrasses… Mais à cet instant tout est gris, les belles allées pavées sont bien glissantes.
Autour de la route, les forêts sont denses, très vertes, les champs de maïs et de céréales qui s’étendent à perte de vue sont bordés de lupins et de coquelicots qui mettent un peu de couleur dans ce paysage noyé de grisaille.
Nous faisons une grande partie de n os visites sous une pluie diluvienne. Rando en jeep : super mais sous la pluie et dans la boue. Dégustation de miel, très pur et délicieux. Arrêt pour apprendre à fabriquer un tonneau, intéressant. Visite chez un surprenant potier qui, en quelques minutes, transforme une boule de glaise en un magnifique vase décoré de plusieurs couleurs. Surprenant aussi cette lessiveuse dans la nature, alimentée par un torrent, discipliné par un astucieux système qui se jette dans un large bac cd deux mètres de profondeur. Elle lave des couvertures rien que par la force du courant en imitant les mouvements du tambour de nos machines modernes et les rend plus douces que le plus performant de nos adoucissants.
Pays de monastères, d’églises, de vestiges religieux où brillent des icônes couvertes d’or.
Bel artisanat, tissus brodés et très colorés qui se transforment en superbes costumes folkloriques.
Partout nous sommes reçus avec le sourire et la traditionnelle brioche trempée dans des sels parfumés. Et puis le soleil revient enfin. Baignades, la mer est toute proche, la piscine un peu fraîche, nous flânons.
Nous avons presque épuisé ce qui, dans cette partie de la Bulgarie, pouvait nous aider à faire connaissance avec ce pays si proche et si loin de nous.

Monique

dimanche 17 juin 2012

OBJETS PERDUS / OBJETS TROUVES

36, rue des Morillons à Paris : entre 600 et 700 objets perdus échouent chaque jour. Enregistrés et étiquetés par une escadre de 37 personnes, ils sont classés et conservés sur quelque 530 m² d'étagères... Seuls une centaine d'objets par jour sont réclamés par leur propriétaire. Aussi dans les sous-sols, on trouve : robes de mariée, dentiers, crâne, crocodile empaillé, cornemuse, poupée gonflable, téléphones portables, doudous d'enfant, masque de la seconde guerre mondiale, album de timbres rares, parapluies, urnes funaires...


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Je me suis rendue aux objets trouvés, au 36 rue des Morillons dans le XVe arrondissement. On me demanda ce que j’avais perdu. J’ai répondu : mon doudou, ma moto, ma pompe à vélo. Ils m’ont proposé un porte-manteau. Oh, oh…
J’ai demandé ma perceuse, mes berceuses, ma liseuse. Ils n’avaient qu’une barboteuse. Oh, oh…
Je cherche mon missel, ma crécelle. Ils m’ont offert du vermicelle. Oh, oh… Je cherche mes lorgnons, mes rognons, mais non pas des oignons !
Où sont mes mouchoirs, mon armoire et mes loirs ? Non, je ne veux pas d’un hachoir !
J’ai perdu une andouille, une gargouille, et ma cagoule, mes rubans et mon caban mais je ne veux pas d’un forban.
Je sais, je perds tout, mais garder tout.
Je ne reprends que mes bichons, mes chansons, mon saucisson, mes cornichons. Oh, oh…

Mireille

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Il existe à Paris un immense entrepôt où chacun peut venir chercher ce qu’il a perdu. Entre autres objets, on peut trouver, classés selon leur catégorie :
1 – le DO de la clarinette qui manque aux scouts ou aux colonies de vacances pour marcher  et avaler les kilomètres sans rouspéter.
2 – La titine que cet homme recherche désespérément depuis si longtemps, sa chère titine sans qui la vie n’a plus de sens.
3 – Le chat de la Mère Michel, disparu dans les casseroles du Père Lustucru ?
4 - L’arche perdue responsable du naufrage de ses occupants, perdus eux aussi ?
5 – Une lettre ou deux, détachés des enseignes de commerces et nous donnant à lire Bo..anger pour Boulanger.
6 – Le temps qu’on ne peut jamais rattraper, objet de biens des soucis pour celui ou celle qui l’a laissé filer, inconscient peut-être des conséquences de son manque de vigilance.
7 – Des fleurs bleues : à l’époque d’Internet, il y a-t-il encore des jeunes filles romantiques et innocentes ?

dimanche 10 juin 2012

UN PRENOM, C'EST TOUTE UNE HISTOIRE

"Je m'appelle..."
Ecrire sur son prénom, voici le thème du jour.

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On m’appelle Rose. En réalité, je m’appelle Rosa. Comme pour beaucoup de personnes de ma génération, mon nom de baptême me vient de mes ancêtres. Ce qui est surprenant, c’est que contrairement à la tradition, je n’ai pas de second et encore moins de troisième prénom. Née Rosa, en France on m’a toujours appelée Rose. Pour ma famille et un petit cercle d’amis je suis Rosette, et maintenant mamie Rosette. Côté administratif, je suis bel et bien Rosa, fille d’Italiens, j’ai été baptisée sous ce nom à New York où mes parents avaient émigré, dans une petite église de Little Italy, près de Washington square…