mardi 24 septembre 2013

MA VIE EN CHANSONS

En fond sonore, de refrain en refrain, les chansons accompagnent notre vie.
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Le petit Grégoire

Simple comptine d’une autre époque qui me plaisait  et que j’aimais écouter, blottie sur les genoux de ma mère ou de ma grand-mère. Toutes deux chantaient bien et Le petit Grégoire avait pour moi un attrait particulier et me faisait rêver. Je me revois encore comme si c’était hier demandant : « Chante-moi encore Le petit Grégoire ».
Le barde breton avait saisi mon cœur d’enfant par ses mots simples et imagés, si bien que je voyais les scènes évoquées dans la chanson.
Labourer la terre… oui, j’avais aperçu dans la campagne, pendant les vacances quelques cultivateurs poussant une charrue tirée par deux chevaux.
Un maître d’équipage, ce devait être quelqu’un de la marine et je revoyais les matelots au grand col bleu bordé de blanc et au fameux béret à pompon rouge que l’on croisait souvent dans les rues de Paris.

Le bon roi Louis XVI devait ressembler à ce portrait de monarque représenté sur un tableau entrevu chez un antiquaire : ce roi portait un grand manteau d’hermine, avait un sceptre dans la main et une couronne sur la tête (en fait il devait s’agir de Louis XIV !)
Quant à saint Pierre, je le trouvais injuste et méchant. Il devait ressembler à la statue de ce Saint sculpté dans du marbre noir et qui nichait au fond de l’église de la paroisse où nous allions le dimanche. Il avait dans la main une énorme clef, celle du Paradis, sans doute ! J’avais vu quelques dévotes lui embrasser les pieds, je trouvais ça dégoûtant.
Enfin le dernier couplet me ravissait, quoique Jésus en manteau rose… cela me paraissait iréel en comparaison avec l’immense mosaïque qui tapisse la voûte de la Basilique du Sacré-Cœur où j’étais allée une ou deux fois avec maman. Ce Jésus-là n’avait rien de tendre pour moi, il semblait vouloir écraser tout le monde avec ses bras étendus. Mais qu’importe, l’essentiel c’était l’apothéose du Petit Grégoire, rejeté de tous lorsqu’il était sur terre, il jouissait maintenant de la Gloire parmi les plus grands Saints.


Christiane

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Une belle fin d'après-midi

Elle a commencé bizarrement, cette journée...
Elle était teintée de grisaille et d'humidité
Comme la pluie qui nous trempait !
Elle s'est terminée en chansons
C'est Mike Brant qui nous l'a égaillée !
Avec son "Qui saura, qui saura"...etc. !
D'un solo devenu duo, s'est fini en quatuor...
Place aux mezzos et aux contre-ténors !

D'un seul élan, autour de deux tables groupées,
L'intergénérationnel était bien représenté !
Dans cette petite assemblée :
Le multiethnique : ce métissage de yeux bleus,
Sous une chevelure brune bouclée,
Ou sous des cheveux fins d'une blondeur de blé,
Passe les frontières, de la blonde à la brune.
Entre nous : que de la complicité.
De la trentenaire : jolie future maman migraineuse,
Qui pour l’instant n’est pas franchement heureuse,
À la quadragénaire, au "Croc-Chaud" venue se distraire,
À la quinquagénaire, histoire de changer d'atmosphère,
À la presque sexagénaire, et là il n'y a pas de mystère...
Nous étions toutes là, pour oublier et nous envoler,
Loin, loin, très loin comme les colombes de la liberté.
Et c'est cette merveilleuse ode à l'amour qui nous a reliées ! 
Balayés les soucis !
Oubliés les aléas et la maladie.
D'un chant et d'une voix en commun,
La spontanéité et l'intensité de ce moment unique,
Dans nos cerveaux restent marquées à jamais.
Et de cette bouche aux lèvres légèrement maquillées,
De cette beauté kabyle, aux dents de nacre étincelantes,
S'élève une belle voix claire ! C'est si spontané !
Aucun effort, aucune contrainte, ce ne sont qu’émotions vibrantes,
Entraînée dans la spirale montante de cette joie inespérée,
La jeune femme aux prises avec les plaisirs de la maternité,
De ses lèvres desséchées par les nausées
En oublie ses malheurs, pendant un certain temps,
Partageant ce bonheur commun en découvrant ses jolies dents,
Pour le plus grand plaisir de sa maman...
Franchement, nous passons un  bon moment.
Alors, nous avons toutes repris en cœur ce refrain,
Nos voix se sont élevées, cristallines et d'un seul jet...
Nous avons été transportées
Au firmament,
Nous les mamans futures grands-mamans,
Et la future maman,
Loin ! Loin ! Avant !
C'est le chant du cœur
Celui qui guérit
Celui qui agit
Nous redonne de l'espoir et le sourire
Pour notre plus grand bonheur
Que de rires,
Que de souvenirs...
Ont marqué notre jeunesse,
Notre adolescence entière !
Que d’effervescence !
C'était hier !
C'est aujourd'hui !
C'est demain aussi !
Nous sommes toutes là, heureuses.
Le chant nous a réunies
C'est avec  "La musique est bonne, bonne, bonne...
La musique sonne, sonne,  sonne !"
De Goldman !
Que se termine ce petit intermède imprévu,
C'est avec  " l'homme en or"
Que nous repartons chacune vers une destination connue,
Le sourire aux lèvres, conquises et ravies,
La musique mène notre vie.

Claudine

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Chansons, chansons ! Que de paroles, de mélodies ou de simples titres envahissent immédiatement mon esprit. Celles que j’ai écoutées mais aussi celles que j’ai chantées tout au long de ma jeunesse. Sans doute, parce que, comme pour Henri Salvador, dès le berceau, bien «des chansons douces » m’ont été chantonnées ou fredonnées par ma mère. Tels beaucoup d’enfants, j’ai appris avec elle maintes comptines, accompagnées de gestes et de mimiques qui, insidieusement, inculquent le vocabulaire. D’abord très courtes : «A la fontaine, les oiseaux vont y boire», «Bateau sur l’eau» ou «Mon chapeau a quatre bosses», ces refrains s’étoffent au fur et à mesure de ma croissance. De «Fais dodo, Colas, mon petit frère» à «Oui, j’aime papa, oui, j’aime maman» ou «Pirouette» aux grands classiques enfantins, connus mondialement : «Frère Jacques», «Meunier, tu dors», «Au Clair de la Lune», «La Mère Michelle» ou encore «Cadet Rousselle» et «J’ai du bon tabac»…

Très vite, membre des mouvements de jeunesse, combien de fois avec les autres participants, avons-nous chanté parfois à tue-tête et d’autres fois plus doucement, lors des longues marches de week-ends ou autour de quelques feux de camp ! Toutes les provinces de France sont à l’honneur. Ainsi la Normandie avec «Sur la Route de Louviers» ou l’Alsace avec «Catherine est une fille …»  et encore la Provence avec «O Magali » et bien sûr «Les Filles de La Rochelle». Ce sont aussi «Mandrin» «Colchiques dans les prés» ou encore «L’Ours» et «J’ai lié ma botte». Parfois s’y ajoutent des mélodies venues d’ailleurs comme «Le vieux Jo», «Ma Prairie», «O Sari Marès» ou «Le Chameau» et «Ira Congo Bayé»…
Comme beaucoup d’enfants de mon âge, j’adorais chanter. Un de nos jeux consistait à trouver à partir d’un seul mot pris au hasard, un titre, une bribe de chanson puis de la reprendre en chœur.
Plus tard, j’ai adhéré, pour quelques années, à la Chorale «A Cœur Joie». Le travail de l’intonation et de la mélodie permettait une expression plus harmonieuse que dans les camps de jeunesse mais le plaisir restait le même.
Bien sûr, j’ai écouté la radio et , à l’adolescence, sur mon tourne-disque,  mes 78 tours puis mes 33 et 45 tours préférés: les airs d’opérette très populaires  à l’époque, «Méditerranée», «Véronique» ou «L’Auberge du Cheval Blanc» mais aussi de grands chanteurs comme Marcel Amont et son «Mexicain»,Gilbert Bécaud dans «Dimanche à Orly » ou «Natacha».
J’aimais les chansons qui me paraissaient un peu mystérieuses : Marie Laforêt et ses «Vendanges de l’Amour» ou «Viens sur la Montagne»,  Barbara dans «Nantes», «Göttingen»  ou encore «Dis, quand reviendras-tu ?» ou «L’Aigle Noir» et aussi «La Dame Brune» et «Marienbad». Les chansons évoquant les pays lointains m’attiraient et me faisaient rêver : Israël avec Rika Zaraï dans «Hava Naguila» ou «Hallelujah», la Grèce avec Nana Mouskouri, « Dans le Soleil et dans le Vent » ou «Je chante avec toi, Liberté», les Etats Unis avec Les Platters dans «Only you», «The Great Pretender» et «My Prayer». Mais je vibrais également  avec Brassens et «L’Auvergnat», «Auprès de mon arbre», «La Cane» ou «Les Copains d’abord» ou encore avec Jacques Brel et «Ne me quitte pas», «Les Bourgeois», «Le Plat Pays» et tant d’autres encore ….
Adulte, avec une certaine nostalgie, j’ai pris plaisir à les réécouter avec mes disques et surtout sur Radio Montmartre. Puis ils ont passé de mode et d’autres sont venus les remplacer. Mais aujourd’hui, des jeunes reprennent leurs chansons et alors, c’est d’une oreille attentive et les yeux fermés que je laisse couler en moi, ces mélodies.

Marie-Thérèse

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Jusqu'où les chansons m'emmènent...


Du répertoire des chansons que j’ai aimées se détache une de Léo Ferré reprenant les termes du poème de Louis Aragon intitulé « La rose et le réséda » ayant pour leitmotiv « celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas » visant respectivement le catholique lieutenant de vaisseau d’Estienne d’Orves et le leader communiste Gabriel Péri, fusillés conjointement par les Allemands sous l’Occupation.

Il me faut dire que j’ai personnellement senti vibrer ma fibre natale d’Alexandrin. En effet, le port d’Alexandrie s’est trouvé être le point de rencontre – historiquement déterminant pour la suite des événements – de trois officiers de marine : ledit lieutenant de vaisseau d’Estienne d’Orves, l’amiral français Godfroy et l’amiral britannique  Cunningham.
Il m’a été donné de voir l’amiral Godfroy. En effet en mai-juin 1940, je passais l’épreuve de la première partie du Bac. Selon la tradition, les résultats étaient proclamés au consulat général de France au cours d’une cérémonie sous une présidence d’honneur : ce jour-là celle de l’amiral Godfroy, commandant d’une puissante escadre française mouillant à Alexandrie. Son discours fait référence aux dramatiques événements militaires se déroulant sur le sol de la patrie :
« En 14, nous avons arrêté le Boche sur la Marne. Eh bien, cette fois-ci, nous l’arrêterons sur la Seine ou sur la Loire ou sur la Garonne et nous le bouterons dehors à nouveau car, avec nos amis Anglais, nous ne baissons jamais les bras… »
Ouais ! Quinze jours plus tard, il les baissera, ses bras, et les fera baisser à ses équipages. Révoltés d’une telle bassesse, certains quittent le bord pour poursuivre le combat à l’appel du général de Gaulle. Parmi eux : Estienne d’Orves. C’est donc à Alexandrie que débute son épopée.
Quant à l’amiral Cunningham, il va se trouver dans une situation critique à cause de la défection de l’escadre française, alors même que du côté ennemi, entre en jeu une escadre italienne considérable. Le rapport de force en méditerranée se voit bouleversé.
Incidemment, le nom Cunningham pourrait faire l’objet d’un question à 1000 euros ou trouver sa place dans Questions pour un champion, car pour une courte période, sur le théâtre des opérations en méditerranée, les trois armes britanniques ont eu à la tête de leur commandement : le général Alan Cunningham pour l’armée de terre, Andrew Cunningham pour l’escadre de méditerranée orientale basée à Alexandrie, l’amiral John Cunningham pour celle de méditerranée occidentale basée à Gibraltar et un général Arthur Cunningham pour l’aviation.

Emmanuel

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D’après Je ne regrette rien

Si l’amour est un son, ma parole le chante,
Ma poitrine le hurle, si l’amour est un cri,
Si l’amour est silence, mon souffle le retient ;

Si l’amour est un geste, tout mon être le danse,
Mes mains l’ont buriné, si l’amour est statue,
Si l’amour est mot, ma plume le formule.

Si l’amour est rocher, j’y repose ma tête,
Et j’y plane léger, si l’amour est un ciel,
Si l’amour est un lac, j’y flotte entre deux eaux.

Si l’amour c’est Toi, tout le passé s’éclaire,
Et le présent n’a plus de mystère pour moi,
Et je crois en demain, puisque l’amour c’est Toi.

Christiane

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